Elodie Condé

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"Je suis ton reflet, tu es le mien. Pour toujours"

Couverture

Dans ce roman, Elodie Condé nous plonge dans les confins de l’âme humaine. A travers la rencontre de deux garçons, Haru et Sejun, et de leurs ami.e.s, l’autrice évoque des sujets difficiles mais essentiels. Harcèlement, dépression, maltraitance, emprise, suicide ruissellent tout le long du récit. Toutefois, l’amitié et l’amour offrent de beaux moments de lumière et d’espoir. Collision d’émotions pures, ce roman bouleverse.

Il a ça de terrible, ce système.
Détruire en silence.
Humilier sous couvert.
Tuer sans laisser de traces.

Tout d’abord, la première partie nous fait découvrir Sejun. Jeune étudiant revenu en Corée après un an, Sejun tente de se remettre d’un drame survenu deux ans plus tôt. Il se sent en décalage avec la majorité des étudiants, avec ce monde faits de commérages et de médisances. Mais lorsqu’il rencontre Haru tout change. Touché par une de ces œuvres, Coeur du vide, Sejun se sent happé par ce qu’il perçoit dans les yeux du jeune artiste. Eclair qui disparait, remplacé par un sourire de façade qu’il méprise. Intrigué, Sejun tente de saisir l’insaisissable et de découvrir les secrets d’Haru.

Depuis que je t’ai vu. Depuis Coeur du vide, je ne fais que penser à toi, à tes sourires. Et depuis cette nuit-là, je pense aussi à tes baisers. Au parfum de ta peau. A ton souffle. A ton corps. Je me demande qui tu es.

Dans la deuxième partie, l’autrice nous place du point de vue de Haru. Haru, star montante du département d’art, jeune homme au sourire lumineux, étudiant à l’allure irréprochable. Mais derrière ce masque, l’ombre se fait de plus en plus forte. Doucement son passé et sa relation complexe avec sa mère se dévoilent plongeant le lecteur dans les affres des émotions d’Haru.

Haru ferma les yeux sans pouvoir contenir une nouvelle vague de larmes, écartelé par cette envie infâme d’amour, une envie inavouable, parce que les monstres comme lui ont perdu le droit de rêver d’amour.

Enfin, dans la troisième partie, les points de vue de Sejun et Haru sont réunis.

Par son écriture simple et efficace, poétique et sensible, l’autrice rend ses personnages profondément humains. Ainsi, leurs failles, leurs doutes, leurs maladresses, leurs forces sont exposées à nues. On voit l’emprise du harcèlement qui se joue dans l’ombre, la lente descente dans la dépression, jusqu’à ce qu’un mot, un regard, un geste réveille suffisamment l’envie de vivre… ou pas. L’amitié et l’amour deviennent une bouée, parfois salvatrice, parfois dangereuse.

Alternance de point de vue, temporalité éclatée, flash de souvenirs, la narration offre des scènes d’une violence silencieuse, de paroles cinglantes, d’angoisses terribles. Néanmoins la lumière se montre en dévoilant de belles scènes de compréhension, de partage, de pardon, de résilience. Au-delà de Sejun et Haru, les personnages de Minho, Sunhi, Hajoon, Seonmi nous touchent tout autant et sont une force pour les deux protagonistes.

Je t’aime.
Je t’aime tellement, si tu savais.
Je t’aime en pensant à toi et sans penser à toi.
Je t’aime constamment, à chaque seconde.

Oscillant entre ombre et lumière, ce roman ne laisse pas indifférent.

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