Conférence sur l'histoire des raves en France avec Manu le Malin, Electric Rescue et DJ Chuimix

Les années 90 : l’âge d’or des raves en France, entre révolution culturelle et répression

Des hangars aux clubs, des parkings aux grandes soirées (il)légales, les années 90 marquent l’émergence et l’explosion de la scène rave en France. Un moment charnière où la techno devient bien plus qu’un genre musical : un mouvement culturel, un mode de vie, une manière de se rassembler et d’inventer de nouvelles formes de fête, hors des circuits institutionnels. Une plongée dans les origines, les luttes, les fêtes, et l’héritage d’un mouvement qui a façonné durablement le paysage musical et culturel français.

Conférence du 24 septembre 2025
bibliothèque municipale de Lyon

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On les a commencées, comme disait Cyril, dans le cadre de notre projet pédagogique,

Nashton Academy, et je te laisse en parler.

Donc la Nashton Academy, un projet qui va fêter sa 11e édition d'ici deux semaines,

puisqu'on lance les candidatures dimanche dans deux semaines.

L'idée, c'est d'avoir une formation de nouveaux qui arrivent sur la scène

et qui veulent se lancer dans le mix, la prod,

et avoir un petit peu des compétences sur la stratégie de réseaux sociaux,

la gestion de carrière, etc.

Donc s'il y en a qui sont intéressés, abonnez-vous au compte Instagram de Nashton.

On lance les candidatures dans deux semaines,

et puis peut-être qu'on s'y retrouvera d'ici la fin d'année.

Merci à tous d'être là, on est super contents,

et on est ravis de pouvoir inviter des artistes de cette ampleur.

Si c'est tout, on peut vous...

On peut accueillir Manuel Malin, Electric Rescue, et DJ Chumix,

qui sera la partie modération.

Bonne conférence !

Allez, c'est à vous les gars !

Bonjour à toutes et à tous !

Bonsoir, bonjour !

Bonsoir, bonjour !

Merci !

Bonsoir à tous !

Bienvenue en nombre pour cette conférence sur l'histoire de la rave !

Bon, je vais faire une petite intro pour un peu expliquer où tout cela a commencé.

Donc, on va trouver une année, 1987, on va aller direction les Etats-Unis, plus précisément Chicago.

Et sous l'influence de la Soul, la Disco, les DJs Marshall Jefferson et Frankie Knuckles vont générer un nouveau genre musical,

La House, à partir d'une nouvelle technologie, issu de synthétiseurs, boîtes à rythme, sampleurs, comme la TB303, qui sera propre à la Seed House.

Ces premiers 10 vont traverser l'Atlantique et vont trouver, on va être lancés dans un club, on va dire, novateur, avec très visionnaire,

et qui va devenir même emblématique grâce à cette musique.

C'est l'Hacienda, sous l'impulsion de Devil Slam et Mike Pickering.

Tout de suite, les premiers danseurs anglais qui vont être à ces soirées-là vont devenir complètement dingues de cette musique.

Et les premières soirées House et Acid House vont avoir lieu dans ce club.

Ça va avoir un succès très fulgurant et très vite, des queues de dingues vont avoir lieu à l'entrée du club.

Et en fait, il va y avoir une problématique.

C'est qu'en Angleterre, les clubs, ils ouvrent tôt, mais ils ferment tôt, 2h du matin,

qui est beaucoup trop tôt pour toute cette génération anglaise.

Et ils vont prendre l'initiative de continuer la soirée dans des hangars et des champs en périphérie.

Ce qui va donner naissance au premier Rive.

Du coup, comment dire ?

En fait, à l'époque, c'est un climat très compliqué en Angleterre, totalitaire, sous le règne de Margaret Thatcher.

Et ils vont voir, en fait, dans cette musique, ces premiers Rive, un élan de liberté.

Et ça va être un lieu d'expression pour eux, une communauté un peu secrète sous cette autorité.

Donc, à partir de là, on peut dire que le premier train de Raver est parti pour aller conquérir l'Europe.

On pourra même parler de second Summer of Love.

Parce que oui, il s'est passé dans cette année-là un truc vraiment sensationnel pour toute cette jeunesse qui ne voyait plus rien en l'avenir.

Ensuite, on va passer très vite en Belgique.

Cette musique-là va atterrir dans ce pays.

Et les Belges vont même utiliser cette musique pour créer leur son à eux, la new beat.

Donc, il y a un son plutôt lent, plus hypnotique.

Mais à l'inverse des Anglais, c'est que les Belges, ils ont déjà une culture club assez forte.

Comme des méga-clubs, comme le Boccaccio, qui peuvent accueillir des milliers de personnes.

Donc, pour eux, à la différence des Anglais, ils n'ont pas besoin de sortir de ce club pour s'exprimer.

Et ce qui va avoir un lien avec la France, parce que la Belgique est un pays frontalier avec la France.

Et toute la partie du nord de la France va être vraiment concernée par ce qui se passe à ce moment-là en Belgique.

Ensuite, on peut aller en Allemagne, 1989, chute du mur.

Donc, pareil, c'est deux peuples qui sont réunis.

Et on peut voir que déjà, Berlin-Ouest ont commencé déjà à écouter de la hausse et de la techno.

Et qu'ils vont s'empresser d'aller faire découvrir à leurs voisins à l'est.

Et la particularité de Berlin-Est, c'est qu'il y a une multitude d'hangars en friche.

Et ils vont les utiliser pour aller s'exprimer à l'intérieur et oublier un peu le passé et semer un peu cette fête pleine de liberté.

On verra même qu'un club clandestin va ouvrir dans un ancien coffre-fort.

Ce sera le Trésor, un club emblématique qui est toujours en activité et qui sera même le point d'ancrage de la techno de Détroit.

Car ils ont invité en de grandes résistances un collectif mythique avec leur DJ emblématique Jeff Mills.

Et dans la même année, première édition de la Love Parade qui sera un événement majeur pour la Culture Rive.

On peut aussi parler d'Ibiza, cette île qui a accueilli dans les années 60 toute une jeunesse espagnole qui voulait fuir le gouvernement totalitaire de Franco.

Et qui va très vite rejoint par toute une communauté de hippies qui vont vivre librement sur cette île.

Et qui vont générer une ambiance très festive avec la création de quelques clubs comme le Païs et l'Amnésia.

qui est bien connue.

Dans ces clubs, dans les années 80, on commence justement à passer les premiers disques de House.

Et sachant que c'est une île très touristique, il y a beaucoup de touristes et de DJ anglais qui vont connaître cette musique.

Dans ces clubs et qui vont l'emmener dans leur valise pour aller la diffuser dans les premières soirées en Angleterre.

On va s'intéresser à un personnage qui est Laurent Garnier, qui va être très important pour nous en France.

Car lui, il était justement présent à la Sienda lors de ses premières soirées à House, à Acid House.

Et il va devenir complètement accro, dingue à cette musique.

Et il va devenir même DJ de ce club et même des premières raves anglaises.

Du coup, qu'est-ce qu'il va faire ?

Il va venir avec toute cette nouvelle musique, cette ambiance et cette culture à Paris

pour lancer les premières soirées à Acid House et à House et du coup générer les premières raves en France.

On peut dire que c'était fin 89, début 90.

Voilà, donc...

Même 87.

87, même 87.

C'est très précurseur, ouais.

Merci.

Voilà, du coup on a fait un petit état des lieux de comment la rave a commencé à naître.

On voit que c'est un peu de partout en Europe, il commence à se passer des trucs.

Et c'est surtout, on va dire, une jeunesse qui a besoin de liberté en fait.

Et qui se retrouve dans cette musique.

Et c'est vraiment, je pense, un élan de communauté, d'expression qui est généré.

Bon, ben, on va commencer à s'attaquer au sujet pour nous en France avec deux grands invités.

On va commencer par monsieur Electric Rescue.

Bonsoir, je suis Electric Rescue, Antoine, un touche-à-tout.

Ouais, qui était présent lors des premières raves parisiennes, on peut le dire.

Ouais, ouais, je suis arrivé un petit peu avant, en 89.

Je suis arrivé par le biais du Boy, qui était le seul endroit sur Paris où on pouvait écouter de la techno de manière régulière.

Vraiment tous les soirs.

Et puis, ça a été coup de foudre dès la première soirée là-bas.

Enfin, j'écoutais déjà avant de la musique électronique, avant d'aller dans le club.

Mais la manière de faire la fête de la communauté LGBT liée à cette nouvelle musique,

ça a été un savant mélange qui fait que je suis encore là, quoi.

Ouais, ouais.

Et du coup, pour continuer, pour faire un petit brief sur ta carrière rapidement,

t'as très vite été DJ sous le nom de Jedi.

Et ensuite...

J'avais 18 ans, je prenais les platines en 90.

Et à l'époque, Star Wars, c'était cool.

C'était pas Walt Disney.

C'est toujours cool.

Moi, je trouve ça cool.

Et puis, vite, j'ai eu envie d'organiser inconsciemment.

J'ai commencé à organiser des rives en 92.

Commencé à produire en 94.

Après, premier label en 97.

Et puis, est arrivé Scriptum après, au milieu des années 2000,

desquels on va fêter les 20 ans bientôt, là.

Et puis, voilà, ma carrière est un espèce de magma

qui mélange DJ, producteur, label manager,

DA de club, organisateur de rave,

des émissions de radio aussi.

Et tout ça se mélange toute la journée.

Ouais.

J'ai cette grande chance.

Pas le temps de dormir, la nuit aussi.

Si, si, j'arrive à dormir.

J'ai eu une bonne nuit de 6 heures, ça va.

C'est bien.

Bravo.

Et pour l'accompagner, Manu le Malin, une figure.

Merci, merci.

Bonsoir à toutes et à tous à nouveau.

Il faut le micro.

Ok, c'est bien.

Grande figure du hardcore.

Une icône pour tous ces fans de ce mouvement-là et pas que.

Voilà.

Tu veux que je te présente un petit peu ?

Je te laisse faire.

Ouais, très bien.

Donc, voilà, tu as été présenté pour les premières raves parisiennes.

Très vite, DJ.

On dit que tu as battu ta réputation sur les secondes parties de soirée.

Un peu les afters, entre nous.

Et surtout celui du pont de Tolbiac.

Tout le monde dit que tu as une technique assez incroyable.

Moi, j'ai même un peu inspiré du hip-hop.

Ensuite, j'ai vu que des grands artistes comme Laurent Garnier, Jeff Mills sont assez fans de ce que tu dégages.

Et plus particulièrement, Lenny D, qui donne l'opportunité, en 1995, de sortir ton premier morceau sur son label Industrial Strange Records,

qui est l'un des labels mythiques.

Légendaires du hardcore.

Exactement.

De la musique électronique en général, de toute façon.

Et de, ouais, je vous recommande vivement.

Et ensuite, ta carrière continue.

Tu es vraiment influencé par Giger, un artiste suisse, créateur d'Alien,

qui va impulser toute ta série de mix, les biomécaniques, qui sont assez célèbres.

Et voilà, ta carrière continue.

Tu es vraiment un touche à tout.

Tu vas même créer un alias qui sera The Driver, pour les sets plutôt orientés techno.

Tu travailles beaucoup avec toute la team d'Astropolis.

Oui, depuis le début.

Depuis le début, oui.

En étant l'acteur de la scène hardcore, dont tu leur donnes le nom.

Le programmeur aussi.

Le programmeur de la scène hardcore.

L'Astropolis, qui s'appelle Mécanique.

Mécanique, ouais, et qui donnera le nom aussi de ton label tout récent.

C'est ça, exactement.

Voilà, je pense qu'on a fait une boucle à ces rèves.

On a survolé le truc, grosso modo.

Ouais, maintenant on va rentrer dans le détail.

C'est ça qui est intéressant.

Vas-y.

Le détail, déjà, c'est qui étais-tu un peu avant de connaître ta première rave,

et comment tu l'as connue ?

Contrairement à beaucoup de gens, moi je ne viens pas de la musique industrielle,

ou des choses comme Dépêche Mode, ou comme ça.

Par exemple, The Hacker, quelqu'un que vous connaissez bien ici.

C'est vraiment sa bible.

Toi, par exemple, c'est Radiohead ou Dépêche Mode aussi.

Moi, je viens de Radiohead, ce n'était pas là encore à l'époque, mais Dépêche Mode, ouais.

Dépêche Mode et le...

Non, non, moi je viens du rock pur et dur, du ska, du rock stage, de la hoï, les mauvais garçons.

Donc, j'ai déjà une attirance pour les clubs, il y en a à Paris, alors c'est des clubs de rock,

donc la locomotive, maintenant ça s'appelle la machine, locomotive, le Fantasia à la porte-maillot,

qui ensuite est devenu le Memories, qui était un club d'after, vraiment de débauche totale, c'était génial.

Et le boy aussi, j'allais aussi au boy, sans vraiment savoir ce que j'écoutais,

mais ça me plaisait déjà. Et on va dire que l'environnement dans lequel j'étais, en tant que jeune adulte,

ne me plaisait plus vraiment. Et des potes m'ont amené dans une rêve comme ça, par hasard.

Et je suis tombé dedans complètement, quoi. Il n'y a pas d'autres mots.

Cette musique qui était complètement nouvelle, même si j'avais déjà entendu des choses comme ça,

au boy, les soirées mousses, ça, là il y avait un truc en plus, quoi.

C'était déjà toute la nuit, on n'est pas dans un club.

Alors, il ne faut pas me demander où c'était ma première rêve, à quoi ça ressemblait,

je ne m'en souviens plus du tout. Voilà, je sais que je me suis bien amusé.

C'est vrai qu'au début, on ne comprenait pas tout ce qui se passait, en fait.

On en prenait plein la gueule et c'est après qu'on a réussi à analyser au fur et à mesure

tout ce qu'on a vécu et tout ce qu'on a fait.

Mais au début, même au début, les premiers rêves, je ne savais pas si j'aimais vraiment

ou si je n'aimais pas. Je ne sais pas, c'était bizarre, c'était curieux.

Mais ça trottait dans la tête, ça revenait dans la semaine et tout.

Puis en fait, si, c'est très bien.

Mais c'est vrai qu'au début, c'était bizarre.

Moi, j'ai su deux premiers soirs. J'ai dit, ça y est, j'ai vu la lumière, quoi.

Il y avait l'ambiance. La musique, c'est une chose, mais quand on parle de rêve,

c'est surtout cette espèce de messe.

C'est un peu chelou comme terme, mais c'est ce qui se passe dans la soirée entre les gens.

Et moi, je venais d'un milieu où, en général, les concerts de rock, de ska, etc. finissaient en baston.

Là, c'est peaceful.

Les gens, en fait, il y a de tout, quoi.

Ça, c'est un truc que la rave a vraiment instauré.

C'est la culture, la différence et le rassemblement des gens, quels qu'ils sont.

Moi, c'est ce qui m'a vraiment attrapé.

J'aimerais savoir, mais comment vous l'expliquez, ça ?

C'est comme ça.

Société individualiste qui, on avait envie de fuir tout ça, on avait envie de fuir tout ce qui était aussi majeur dans la musique,

tout ce qui était thunes, tout ce monde mercantiliste, en fait.

Et là, on découvrait quelque chose de très libre, de très inventif, créatif, et on avait envie de s'investir là-dedans.

C'était l'aventure, en fait.

La différence d'aller, tu vois, dans un club qui est posé comme Le Boy, par exemple, ou même d'autres clubs où j'aimais bien aller,

où t'arrives, tu fais la queue, t'as un videur, selon la façon dont il est né, tu rentres ou pas.

Si t'as des baskets, tu rentres ou pas.

La couleur de peau, tu rentres ou pas.

Là, en fait, on se retrouve plein de gens, il n'y a pas vraiment de queue, il n'y a pas vraiment de videur, il n'y a pas vraiment de lieu, d'ailleurs.

Et t'arrives, d'un coup, bam, c'est génial, il y a des lumières, au début, c'est fait avec des bouts de ficelle, les organisateurs, à Paris, je parle.

Et s'il y avait des beaux lieux aussi.

Il y avait des très beaux lieux, mais c'était quand même des bouts de ficelle, quand même des bouts de ficelle.

Et moi, j'ai surtout fréquenté les choses dans les champignonières, dans les trucs un peu, je suis déjà dans le dur, quoi, à l'époque.

Ouais, ou des squats ou...

Ouais, voilà.

Et ce qui m'a attiré tout de suite, c'était, déjà, l'espèce d'éventail de gens comme ça, de partout.

Donc, pour quelqu'un d'un peu sauvage comme moi, à l'époque, commencer à parler avec des inconnus, lieux, whatever, ça change un peu une vie.

Et cette musique-là, je voulais comprendre, je voulais la comprendre, en fait.

Au bout de deux soirées, je suis rentré chez moi, j'ai acheté une platine, j'en avais une autre, sans pitch, je n'ai rien.

Une petite chenifiée, j'ai été acheter des disques, un chant disque.

C'était de la dance, pas de très bonne qualité, mais peu importe.

Je n'avais pas encore tous les codes pour aller chez BPM, tout ça, machin.

J'étais vraiment le mec qui arrive, là.

Mais j'avais envie de comprendre comment on fait, comment ça se passe, quoi.

Et les DJs n'étaient pas mis en avant comme aujourd'hui, du tout.

Et c'était très bien.

Et tu n'avais pas l'impression d'écouter un set de quelqu'un, puis un set d'un CT, toute la nuit.

C'était un voyage complet, oui.

Le voyage complet, quoi.

Alors, moi, parfois, j'avais l'impression d'entendre le même morceau toute la nuit, mais je trouvais ça super bien, quoi.

Ça voulait dire que le taf des DJs était bien fait, en fait.

Il n'y avait pas de « à toi, à moi, on applaudit, next », quoi.

C'est un truc, c'est une espèce de célébration de la musique et de la vie, et des gens qui se réunissent là,

et on est entre nous, et le reste, on s'en fout, et on va changer le monde.

C'est un peu ce que j'ai pensé au bout de quelques semaines, quoi.

Si, si, ça a un peu changé le monde.

Et moi, ce que j'aimerais bien savoir, c'est qui est-ce qu'on retrouverait, justement, dans ces premières raves ?

D'où, quel milieu social ? Enfin, quel âge ?

C'était complètement éclectique, mais vraiment très éclectique.

Riches, pauvres, noirs, blancs, rouges, verts, toute religion, on s'en foutait, en fait.

On était juste des êtres humains.

Tout à l'heure, tu as cité le pont de Tolbiac.

OK, il y avait le pont de Tolbiac, mais il y avait aussi la péniche rubie, qui n'était pas loin du pont de Tolbiac.

Et tu avais une bande de ce qu'on appelait à l'époque de Kaira, quoi, les mecs de Porte de Venve.

Moi, je les connaissais bien, je m'entends bien avec ces gens-là, ils sont très bien.

C'est des gens très bien.

Et ils venaient, OK, ils avaient leur truc à faire.

OK, bon, voilà.

Et une fois que leur truc était fait, en fait, ils venaient, ils dansaient.

Et les mecs, justement, le fait qu'ils se retrouvent avec des gens qui n'étaient pas de leur quartier,

et qui finalement leur disaient, vas-y, tu fais une clope, une bouteille.

Enfin, il y avait un échange.

Ils n'avaient plus l'impression d'être dans une espèce de...

OK, on est entre nous, les autres ne nous aiment pas.

Et ça, c'est très important, en fait.

Parce que moi, j'aime à dire que ça a changé ma vie, ça m'a même sauvé,

parce que sinon, on s'était mal barré.

Et j'ai connu plein de mecs de quartier, par exemple, je suis un peu les armes,

donc je peux parler de ça.

On parle beaucoup d'inclusivité aujourd'hui, mais en fait, elles se faisaient naturellement.

Elles se faisaient naturellement, ouais.

Et OK, les mecs, ils venaient, OK, on est entre nous, ils venaient et faisaient leur business.

Et franchement, leur business n'était pas propre, en plus, tu vois.

Voilà, il faut dire les choses.

Et une fois que c'était fait, moi, je suis devenu super proche de quelques mecs de ces quartiers

que je ne connaissais pas.

En plus, on n'était pas de la même région, enfin, du même quartier.

Et ils ont vraiment accroché à cette musique et à l'espèce de message non dit, non écrit,

non médiatisé qui allait avec.

Et tous les week-ends, tu finissais par retrouver les mêmes mecs.

Et à la finale, les mecs, ils n'étaient même plus pour faire du business, en fait.

Ils venaient en teuf, tout simplement.

Et ça, même si, OK, on parle de la rêve, la techno, on parle de musique, tout ça,

ça, c'est très, très important.

Quand tu parles de l'Angleterre, par exemple, c'est à la Sienda, tu retrouvais des mecs

qui allaient au stade avant.

Donc, on appelle ça des hooligans, OK ?

Et dans les premiers rêves, tu retrouves des punks, des hooligans, des skinheads, des rockers, des hippies, des noirs, des blancs, whatever.

Et en fait, tout va bien.

Tout va bien, pourquoi ? Parce que, finalement, c'est une communauté qui se sent en marge dans chacun de leur subculture,

qui se retrouve sur une nouvelle culture qui se veut subversive à la base.

Vraiment.

Et anticonformiste, c'est très important.

C'est le côté un peu politique, mais c'est très important aussi.

Et finalement, tout va bien.

Et il y a plein de gens qui, ça va changer leur vie.

Ils ne vont plus jouer les relous tout le week-end.

On voit le train qui part et on monte tous dedans.

C'est ça.

Et on voit ce qui se passe.

C'est ça.

Et la musique, l'environnement, la drogue, évidemment, il est pour beaucoup.

Chaque gros mouvement a toujours sa drogue qui va avec.

Il faut parler clairement.

Et la drogue, c'est mal, OK ?

Mais ça a aidé...

Mais c'est bon.

Le tout, le tout, hein ?

Le tout a fait que...

Voilà, ça a pété à la gueule de tout le monde, quoi.

C'est ma vision, en tout cas.

Ça fait mode on-off, quoi.

Enfin, off-on.

Merci, bonsoir.

Et on va revenir un peu plus à la musique, justement.

On écoutait quoi dans ses premières raves parisiennes ?

Enfin, tu disais qu'on avait du mal à savoir un peu ce qu'on écoutait.

C'était un peu tout le temps la même chose, mais grosso modo...

À l'époque, il y avait quand même beaucoup de variétés.

Et aujourd'hui, c'est très sectorisé musicalement.

Alors qu'au début, on commençait avec du dub, et on finissait sur du hardcore,

et on passait par toutes les formes de musique électronique.

On n'avait même pas de définition, des fois, pour des styles.

Il y avait déjà des sous-genres, mais qui n'avaient pas...

Enfin, là, c'était de la techno, de la house.

Et puis, il y avait des grands, gros thèmes de style, mais c'est tout, quoi.

C'était un peu fourre-tout avec ce qui arrivait sur le marché.

Oui, c'était la découverte.

On était dans l'exploration, quoi.

Il faut savoir qu'à l'époque, les rêves, on n'est pas sur des grandes salles de spectacle

où on peut faire des multi-rooms, plusieurs dance floors et tout.

En général, c'est un seul dance floor, un seul lieu, petit, grand, peu importe,

avec le line-up.

Donc, effectivement, ça allait...

Moi, j'ai un exemple.

À Paris, il y a une rêve où, pour ceux qui connaissent,

donc Lisa Nélias, évidemment, et après ou avant, il pouvait y avoir Jérôme Pacman,

qui était un DJ parisien...

Plutôt house.

Plutôt, on va dire...

House techno.

Une espèce de techno progressive.

Son mentor, c'était Francesco Farfa.

Donc, et ça ne gênait personne, en fait.

Il y avait la scène trans, psy-trans, qui était assez costaud sur Paris.

Et moi, j'y allais une soirée gore régulièrement.

J'adorais ça, mon côté un peu Shiva Chakra, quoi.

Et tu avais, effectivement, une soirée trans.

Et d'un coup, un DJ comme DJ Patrice, qui était le DJ originel des soirées Invaders,

qui, lui, jouait une trans un peu plus costaud, on va dire,

qu'on appellera Transcore plus tard.

Et en fait, tout se passait très bien, quoi.

Il n'y avait pas de séparation, et ça s'enchaînait les uns derrière les autres.

C'était juste magique, quoi.

Ouais, c'était très évolutif.

Et tu appréciais chaque moment de la soirée.

Parce qu'en fait, au début, il fallait commencer doucement.

Donc, dub, après, tu montais des trucs un petit peu plus élés.

Ce qui est plutôt logique, quoi.

Ouais, ouais.

Une vraie histoire, un vrai voyage.

Et à ce moment-là, on retrouve surtout des DJs locaux ?

Ou comment savoir un peu ?

Ouais, les premières années, c'était essentiellement des DJs locaux.

Locaux, ouais.

Et comment ça en est arrivé un peu à accueillir un peu des DJs étrangers ?

Au début, on était 300 dans une salle, dans les premiers raves ou les premiers clubs.

À part le boy où on pouvait monter à 1000 personnes.

Mais voilà.

Donc, du coup, ça donnait des petites jauges.

Donc, des petits budgets.

Donc, forcément, des artistes locaux.

Puis, on n'était pas à l'ère d'Internet et tout ça.

On avait encore des flyers en papier.

Il y avait le Minitel à l'époque.

Voilà.

Enfin, c'était une autre époque.

Là, il faut aussi...

3-6-15 ULA, quoi.

Tu vois, choisir de la soirée, quoi.

Il faut aussi recontextualiser les choses un peu en termes de technologie.

C'est que maintenant, tout va très vite.

On a l'info.

Mais à l'époque, comment on a l'info, quoi ?

Il fallait aller dans les boutiques de disques ou les bars.

Et tu trouvais des flyers.

Tu trouvais des infos.

T'écoutais la radio sur Radio FG ou Nova.

C'est Radio FG, quoi.

C'est Patrice Rognan, quoi.

Rêve-up.

Oui.

C'est Rêve-up.

Pour Paris, en tout cas.

Oui, voilà.

Rêve-up, c'est...

Voilà.

C'est la messe.

En Marseille, c'était Radio Grenouille.

Ici, je ne me rappelle plus.

Non, Lyon, c'était calme au début.

Grenouille, c'est Montpellier, je crois.

Lyon, ça a été compliqué pour vous.

Lyon, c'était compliqué.

Après, vous êtes bien rattrapés.

Oui, oui.

Mais pourquoi c'est...

Dites-nous, pourquoi c'est compliqué à Lyon ?

La répression.

Oui, la répression.

Puis, il n'y avait pas un groupe...

Enfin, il y avait les Technics, à l'époque,

mais qui étaient plus Ronalp dans la globalité.

Il y a Fred, qui est quelque part aussi, là.

Qui est là depuis longtemps, aussi.

Il est où ?

T'es où ?

Fais coucou.

Oui, oui.

Elle n'est pas honte, quoi.

T'es quand même une pierre angulaire de la scène lyonnaise.

Donc, Fred Oumvelt, qui est là-bas.

Qui, lui aussi, a subi la répression,

mais il n'a rien lâché.

Non, c'est vrai.

On m'appelle sur WhatsApp.

Donc, oui, Lyon, c'était dur.

Et voilà les moyens de communication.

C'était radio, papier flyer, quoi.

Et puis, après, pour avoir l'info,

pour avoir le plan d'accès à la soirée,

c'était un vrai jeu de piste.

Il fallait se rendre à une porte de Paris

ou une porte de Lyon

ou une porte de Marseille, je ne sais pas.

Et puis, il fallait chercher son petit papier

avec le plan d'accès.

Parce qu'il n'y avait pas de GPS non plus.

Il n'y avait pas tout ça, en fait.

Il faut se recontextualiser.

C'est vraiment bien de le rappeler.

C'était vraiment complexe.

C'était vraiment un investissement.

Ça faisait partie du truc.

C'était super bien, quoi.

T'étais engagé.

Moi, quand t'arrivais,

c'était un peu la récompense, quoi.

Complètement la récompense.

Tu dégustais ton moment.

Parce qu'avant, tu t'étais pas au métro quatre fois.

Donc, t'étais content d'arriver.

C'est arrivé aussi.

C'est complètement la récompense, quoi.

Tu récupères des gens.

Principalement, Porte de Vincennes,

souvent le départ pour les teufs.

Entre les colonnes.

Ouais, tu récupères des gens.

Moi, j'avais une petite Fiat Panda 500.

Tu es en galère.

Vas-y, monte.

Et on se suivait.

On se suivait.

On se perdait en route.

Puis finalement, tu retrouvais d'autres voitures.

Et puis, quand t'arrivais,

tu gardais la bagnole.

Tu sais, quand t'arrives,

tu ne savais pas quand tu repartais.

Ça, c'est bien aussi.

C'était bien.

Il y avait une espèce de lâcher prise, quoi.

Et juste, vu qu'on est quand même

bien, bien dans le passé,

mais en même temps,

c'est l'histoire de la rêve.

Personnellement, je tiens à préciser

que je ne suis pas de ceux

qui c'était mieux avant.

Ah oui, non.

Moi, je préfère aujourd'hui,

voire même demain.

C'est ce qui m'intéresse.

Avant, c'était avant.

On l'a vécu.

C'était super bien.

On en fait l'historique.

Mais je ne swingne pas

pour les années 90.

C'était trop bien.

C'était très bien.

C'était très bien.

Mais voilà, c'est comme ça.

Il y a une évolution, quoi.

Exactement.

Oups.

Mais je voulais...

Comment on communiquait ceci ?

Mais aussi, oui, comme tu disais,

c'est vrai que ça faisait le charme

de la chose,

comment on s'entraide, etc.

Et moi aussi, ce qui est bien de savoir,

c'est que vous, justement,

vous étiez un peu spectateur.

du début, etc.

Et comment, petit à petit,

vous dites,

je vais devenir un peu acteur

de la chose.

Et comment ?

Je crois que c'était un peu inconscient.

Il y avait besoin de le faire, en fait.

C'était...

Moi, déjà, tout le monde,

j'organisais déjà des boums

dans mon quartier.

En fait, c'est après coup

que tout ça m'est...

Je foutais le bordel chez les voisins,

déjà, à l'époque.

Et puis,

arrivant en 92,

j'ai eu besoin d'organiser

ma première rave

accompagnée par

Les gens de Coda, à l'époque,

qui était le seul magazine

de musique électronique

en France.

C'était 92.

Et puis,

voilà,

c'était inconscient, en fait.

Vraiment.

Il fallait le faire, quoi.

Alors,

c'était pas tout.

Aujourd'hui,

on est bien organisé.

On fait des budgets.

On fait de la communication.

Tout ça.

À l'époque, c'était...

Je veux cette salle-là.

Elle est trop bien.

Je vais prendre

Manu le Malin

pour jouer dedans.

D'ailleurs,

t'as joué à la première.

Non.

Bah ouais.

À Boulogne.

Et ouais.

Il faut savoir une chose,

c'est que j'ai aucune mémoire.

Donc, ce genre d'exercice...

Voilà.

Alors, moi,

ce qui me concerne,

c'est...

t'as dit que c'était conscient pour toi ?

Ou inconscient ?

Non, c'était inconscient.

C'était une pulsion, en fait.

Il fallait que je suive

le fait d'organiser,

le fait de participer.

Après avoir écumé

toutes les rêves,

tous les afters,

tous les clubs d'afters,

donc, grosso modo,

être cinq jours par semaine,

enfin,

cinq nuits par semaine.

Ça aurait pu être un morceau,

d'ailleurs,

cinq nuits par semaine.

Dehors,

j'ai tout laissé tomber, quoi.

Je travaillais dans un resto.

Avant, j'étais coursier, tout ça.

Et après avoir acheté

quelques disques

et une pauvre platine,

j'ai dit à ma compagne

qui, on vivait dans une chambre

d'hôtel à l'époque,

j'ai dit, écoute,

en fait, j'ai envie de faire ça, quoi.

Mais,

c'était pas genre,

j'ai envie de faire ça,

c'est mon métier,

comme t'as envie d'être astronaute,

tu vois.

Juste, j'ai envie de faire ça,

j'ai envie de jouer de la musique.

J'ai toujours aimé,

parce que j'avais des parents

qui étaient clubbeurs, quoi.

Donc,

je suis allé dans des clubs

très, très jeunes,

je dormais sur les banquettes,

machin, etc.,

il n'y avait pas de nounou.

Et j'étais toujours attiré

par le DJ,

les platines.

C'était un truc, quoi.

Donc,

ben là,

ça n'a pas loupé non plus.

Et je me suis mis

à jouer dans ma petite

piaule d'hôtel,

24-24.

J'ai acheté de plus en plus

de disques.

Et comme tu disais tout à l'heure,

j'allais le week-end

sur Paris,

j'allais en soirée

en tant que rêveur, quoi.

Et puis,

au petit matin,

les étoiles plein les yeux,

j'avais une petite sacoche

avec une vingtaine de disques

et j'attendais de savoir

s'il y avait un mec

qui avait loupé son métro

ou son avion

ou s'il restait

une petite demi-heure

parce que j'avais juste envie

de m'exprimer, en fait.

Donc,

moi,

c'était vraiment une volonté

d'en faire ton boulot, quoi.

Au début,

non,

c'était vraiment plus

pour m'exprimer.

Il y avait un truc

et je me souviens,

au début,

j'avais un peu,

je n'ai plus honte du tout,

mais chaque fois

que j'arrivais à jouer

une petite demi-heure,

après,

je faisais le tour des gens,

alors déjà de mes potes,

ma compagne,

et même des gens,

je leur disais,

ça vous a plu,

ça vous a plu,

ça vous a plu.

J'étais casse-couille.

De quoi ?

Moi, je dis,

j'apprends des trucs,

c'est bien.

Mais non,

je l'ai déjà dit,

ça.

Et parce que,

en fait,

je voulais juste

faire ça bien,

et ça ne devait pas être

vraiment bien,

en plus,

au début.

Il faut bien

un début à tout.

Oui,

un début à tout.

En fait,

j'ai appris à mixer

devant les gens,

et ce qui demandait,

même si c'était

au petit matin

que je n'étais pas

toujours très frais,

on me donnait

une demi-heure,

je peux te dire

que je n'allais pas

la gaspiller.

Et c'est peut-être

pour ça que c'est

allé assez vite pour moi,

parce que j'avais

les crocs,

en fait.

C'était un truc,

il y avait,

je ne sais pas quoi,

c'est une envie

genre.

Manu,

c'est un univers

qui a pris sa place

très très vite,

et voilà,

il y avait quelque chose,

il y avait quelque chose

de très fort.

Comme tu le disais aussi

sur la technique de mix,

c'est que comment aussi

à l'époque,

on apprend un peu

à mixer,

parce que maintenant,

on a plein de tutos,

etc.,

c'est assez facile,

mais comment on en devient

justement à commencer

à observer,

essayer de reproduire

à la maison

des heures et des heures,

à caler des dix.

Après,

si tu sais compter jusqu'à quatre,

et que tu sais partager

tes oreilles,

en fait,

savoir mixer au tempo,

il ne faut pas avoir fait

des grosses études.

Si tu as le rythme,

tu l'as,

bon,

à priori,

je l'ai,

voilà,

et puis,

à découvrir

ce que c'est

deux disques,

deux disques,

enfin,

les mêmes disques

qui jouent ensemble

sur deux patines différentes,

ça crée un son de phase,

ensuite,

tu décales,

double tempo,

je découvrais les choses

tous les jours,

avec des petites tables de mixage,

il n'y avait pas d'effet,

il n'y avait rien,

la première platine,

donc sans pitch,

c'est une galère,

il fallait y aller.

Je faisais des petits montages

avec des cassettes

à bandes,

tout ça,

et c'était,

on faisait avec ce qu'on avait,

mais aujourd'hui,

oui,

il y a des tutos,

oui,

la technologie,

elle est costaud,

et tout,

mais si tu n'as pas le rythme,

tu ne l'as pas,

les danseurs,

c'est pareil,

tu vois les danseurs en teuf,

il y a des gens qui savent danser,

d'autres qui ne savent pas danser,

voilà,

c'est comme ça,

mais pour les danseurs,

en revanche,

ce n'est pas bien grave,

si tu ne sais pas danser,

tu es bienvenu quand même,

dire,

voilà,

moi je suis super bon danseur.

Et puis ce qui est important aussi,

c'est avoir sa sélection,

avoir une sélection de disques,

de bien choisir comment les disques

s'enchaînent,

bien choisir celui qui vient après.

Comment et où est-ce qu'on se procure

un peu cette sélection de disques ?

A l'époque,

il y avait,

en tous les cas à l'époque,

quand on a commencé à acheter disques,

il y avait Chants Disques,

là où tu as dit,

là sur les champs,

dans la galerie des Champs-Elysées,

il y avait Bonus Beat,

Rue Keller,

ce qui va devenir BPM plus tard,

ce qui va devenir BPM après,

il y avait,

après il y a eu TSF,

qui était la boutique du magazine Coda aussi,

enfin Coda est arrivé après TSF,

et puis il y a eu Techno-Import,

que maintenant tout le monde connaît.

Je pense que c'est bien,

beaucoup soulignent Techno-Import,

ou comme quoi c'était vraiment

un des premiers disquaires ?

Non,

ce n'était pas dans les premiers.

C'est Techno-Import,

comment il s'appelle ?

Mazen.

Mazen,

lui il a amené un nouveau truc,

c'est-à-dire Bonus Beat ou BPM,

je fais un petit truc vite fait,

très ricain,

très héliciste,

solde BPM,

tu arrives,

tu n'achètes pas toujours

les disques que tu as envie d'acheter,

le mec te dit ce qu'il faut acheter,

le truc du moment,

c'est ça,

et si tu ne prends pas ça,

tu sors de ma boutique.

Mazen,

lui,

il est parti en Hollande.

C'est vrai que j'ai vu des sketchs

avec son Rousseau à l'époque,

où il engueulait des clients.

C'est,

voilà.

Et Mazen,

tout à l'heure,

quand tu as fait l'historique,

Belgique,

Angleterre,

Etats-Unis,

etc.,

tu as oublié la Hollande.

La Hollande,

c'est un pays très très important

pour la musique électronique,

alors pour le record en particulier,

donc ça,

on y viendra plus tard peut-être.

Donc Mazen,

il est parti en Hollande

avec des grosses valises,

et il a acheté plein de disques,

et il les vendait,

il avait un petit studio,

il y avait un groupe de potes,

bouche à oreille,

etc.

Et ça a marché,

donc il a fini par ouvrir une boutique,

il continuait à aller chercher ses disques

avec des valises,

le truc en mode clando,

je lui cherchais des disques,

bam,

on passe la frontière,

c'est limite le go fast du vinyle.

Et puis,

c'est devenu une très très grosse boutique

où justement,

tu n'avais pas ce côté élitiste.

Chez Technomaport,

tu retrouvais,

voilà,

ça allait de la,

enfin il y avait de tout en fait.

Oui,

il y avait vraiment de tout.

Il y avait de tout.

Puis après,

ils ont bien évolué,

ils ont créé un distributeur en fait,

pour pouvoir récupérer des labels parisiens et autres

et pouvoir les vendre partout dans le monde.

Tu avais aussi Roof Trade.

Ah oui,

Roof Trade à un moment donné.

Roof Trade,

pareil quoi,

musique un peu,

c'est très anglais,

tu viens,

tu veux acheter quelque chose

ou tu as envie d'écouter quelque chose.

On t'imposait un peu des sous.

Voilà,

c'est des boutiques qui sont très marquées.

BPM,

moi je me souviens

où quand j'y allais,

j'ai commencé à découvrir le hardcore

sans savoir ce que c'était vraiment.

J'y allais,

j'ai essayé de chantonner

un morceau de PCB

qui s'appelait 9mm.

On peut le mettre ?

Non,

on ne l'a pas là,

ce n'est pas celui-là qu'on a.

On en a un autre.

Est-ce que vous voulez la musique en fait ?

Ouais,

c'est bien ça.

On commence par PCB du coup.

Parce que tu as parlé de Berlin,

de ça,

mais Francfort,

c'est très important aussi.

On y reviendra plus tard.

C'est bien.

Tu mets PCB ?

Celui-là ?

Mescaline.

Ouais,

bon ouais.

Attends,

je vais juste t'expliquer.

Pour moi,

ce morceau-là,

c'est le commencement de tout.

Ça s'appelle

Mescaline United,

We Have Arrived.

Et c'est donc Marc Akardipan

qui est derrière.

Ça sera le premier

Industrial Strength.

Et ce morceau va définir

ce qu'on appellera

le hardcore plus tard.

Et ça reste un des meilleurs morceaux

jamais écrits,

ever.

C'est la faute.

Hop !

Sous-titrage ST' 501

Sous-titrage ST' 501

Sous-titrage ST' 501

Deuxième révélation.

Du coup,

ça me permet de rebondir

sur ce que tu disais au début.

Donc,

en Allemagne,

effectivement,

Berlin,

etc.

Mais Francfort

est aussi

une ville

assez importante.

Alors,

ça me concerne.

Enfin,

ça concerne...

Pour la techno aussi.

Pour la techno aussi.

Avec Sven et tout.

Sven Watt.

T'as donc Sven Watt

à Francfort

et t'as aussi

ce monsieur

Marc Cardipan

qui,

avant de découvrir la techno,

était un peu plus...

Enfin,

tous ses potes

s'étaient allés en hip-hop,

etc.

Ça traînait dans les squats.

Et le premier morceau de Marc,

je crois que c'est en 88

ou 9.

Je ne sais plus.

Bon,

le mec,

il a 50 alias,

il a fait 1500 morceaux.

Marc Cardipan.

Et la scène de Francfort

était très,

très,

très active.

Donc,

le premier club

de Sven Watt,

comment ça s'appelait ?

L'Omen.

L'Omen,

ça commence à 88.

L'Omen,

ouais.

D'ailleurs,

Lenny D.

va rencontrer Marc Cardipan

à Francfort

et va créer le label

Ennitra Strength

suite à cette rencontre.

Va ramener cette musique

aux Etats-Unis,

enfin à New York,

Brooklyn pour être précis.

Et il faut savoir

que Lenny D.

vient de la house

à la base.

Donc,

à nouveau,

il n'y a pas de clé,

vivage.

Il travaillait

avec des grosses,

grosses tronches

de New York

dans la house music,

le garage.

Et dans ce qui était,

on va dire,

black music,

hip-hop,

voire même pop parfois.

Il est ingénieur du son

pour des gros mecs.

Et lui,

c'est pareil,

il va,

suite à sa rencontre

avec Marc

et Sven Watt

et ces gens-là,

il va vraiment

tomber dedans

et monter

le label Ennitra Strength.

et il y a un autre DJ

qui est anglais,

pour le coup,

qui est déjà très connu

à l'époque,

qui s'appelle Carl Cox.

Pour ceux qui ne savent pas,

Cox,

au début,

jouait du hardcore.

Alors,

c'est hardcore anglais,

donc c'est le...

Un peu happy.

Ah,

c'est breakbeat,

quoi.

Mon premier passage

au Transmusical,

c'était loin d'être happy.

Et ça jouait

trois,

quatre platines.

C'était vraiment,

enfin,

c'est toujours,

pour moi,

un des meilleurs techniciens

et DJ.

Après,

ses choix musicaux,

personnellement,

je les respecte,

ce genre de mec,

tu ne peux pas

ne pas les respecter.

Que ce soit lui,

Laurent Garnier,

des gens comme ça,

on n'aime pas forcément,

moi,

je ne suis pas forcément fan

de Garnier,

mais il m'embarque

à chaque fois

parce que

il raconte une histoire.

Puis il arrive

à te choper

sournoisement

derrière la tête

comme ça,

tac,

et puis à t'embarquer

sur le dance floor

et puis en fait,

tu fais,

ah ouais,

quand même.

Même si tu n'es pas fan

de la musique

morceau par morceau,

ce qu'ils ont fait

est quelque chose de...

Waouh.

Voilà,

pour conclure

que ce morceau-là

et puis cette petite partie

de l'histoire

que tu as omis,

mais pas par volonté,

mais juste parce que

souvent,

cette partie de l'histoire

est omis,

l'histoire de la techno,

les mauvais garçons

et les villes

un peu working class

que sont

Francfort,

Rotterdam

et

Détroit aussi,

au début,

UR,

ce n'est pas de la House

ou les violons

façon Jaguar,

etc.

Les premiers disques

de UR,

les premiers disques

de Jeff Mills.

C'est du hardcore.

Message to the Major,

c'est du hardcore.

Riot,

c'est du hardcore.

alors pas dans le genre

comme on pourrait le définir

aujourd'hui,

mais dans la volonté,

dans l'impulsion.

Dans les textures aussi,

les choix des sonorités.

Dans la volonté,

l'impulsion,

le...

le...

Ah !

Ça transpire, quoi.

Donc,

on pourrait conclure

que le hardcore,

c'est ce qui se fait mieux,

quoi.

Et par Manu le Malin ?

Ce qui peut être intéressant,

c'est vraiment de faire un point

par rapport à l'international.

Nous,

on a la rave en France,

mais comment ça se passe aussi

à ce moment-là,

à l'étranger ?

Quelles sont les,

on peut dire,

les soirées,

les raves

qui sont assez importantes

en Europe

et qui vont vraiment

avoir un impact

sur le mouvement

et qui vont influencer

la France ?

Dans le nord de l'Europe,

ça se passe beaucoup mieux

que chez nous.

La Hollande,

l'Allemagne,

il y a vraiment

des énormes événements

dans les années 90

que nous,

on n'a pas.

Nous,

on est plus en train

de se faire courser

par les keufs.

Mayday en Allemagne.

Mayday en Suisse aussi,

ça fonctionne bien

avec la street parade

et tous les événements

qu'il y a autour.

Énergie,

il y avait Énergie,

je ne sais plus

comment ça s'appelait.

Énergie,

quelque chose.

C'était pas à Zurich ?

À Zurich,

oui.

C'est une première grosse,

d'ailleurs,

je crois.

Énergie 94

ou 93

ou 94,

je ne sais plus.

Oui,

c'est...

Oui.

Et du coup,

ça se passe mieux

que chez nous

parce que chez nous,

c'est la répression,

on est en pleine répression,

on est en pleine chasse

aux sorcières.

Du coup,

on peut en venir.

Au début,

on sentait...

des témoignages.

On sentait

que c'était nouveau.

On passait

un peu sous le radar.

Au début,

on était des extraterrestres.

Les gens se demandaient

ce qu'on faisait.

C'était presque même intéressant,

tout ça.

Et à quel moment

il y a eu le déclic

et pourquoi ?

C'est sûr,

on arrivait...

Lequel le déclic ?

Des flics.

Le déflic ?

Le déclic des flics.

Ose.

Ça a commencé

à gratouiller

déjà avant

mais en 1993,

le festival Ose

qu'avaient organisé

les gens de Coda

et Garnier

qui devait se passer

à Amiens

a été annulé

le jour même

par le préfet

parce que...

Je ne connais même plus

la cause.

Et ça devait être

un bel élan

pour la musique électronique

en France

et donner envie

à d'autres régions

de faire la même chose.

Ça a été la première

annulation ultra médiatisée.

Oui, ultra médiatisée.

Et ensuite,

il y a eu celle de Lyon

qui a donné

à Tony Garnier.

La Polaris.

Il y a eu une à Amiens aussi.

Amiens, c'était Ose.

Oui, OK.

C'est Ose, oui.

Et c'était les Pingouins

à Lyon,

Polaris

qui a vraiment...

Là, on était dans le top

de la règle.

Ce n'était pas les Pingouins,

les Pingouins, c'est Montpellier.

Ce n'était pas les Pingouins, Polaris ?

Non, les Tony Garnier,

je ne sais plus qui c'était.

Enfin, je mélange tout.

Là, c'est des gros événements

mais pendant ce temps-là,

il y a quand même

la scène rêve

parce que là,

on est déjà dans le truc

qu'on s'organise

avec le line-up.

Il y a beaucoup d'oseilles

derrière ça.

La scène rêve,

elle est assez vivante

parce que petit comité,

pas de médiatisation.

On suit,

comme on disait tout à l'heure,

on suit les gens en voiture.

C'est la radio qui diffuse

plus ou moins.

Les Champignonières à Paris.

Il y a des organisations

comme Technotence

et Invaders

qui sont vraiment...

Il n'y a pas encore

les free parties à l'époque.

C'est vraiment

de la rave classique,

enfin, originelle.

D'ailleurs,

ce serait bien aussi

d'un moment

d'expliquer un peu

qu'est-ce qu'une rave

et qu'est-ce qu'une free party.

C'est un long débat.

La rave, elle a un petit côté

un peu plus organisé, en fait.

Où tu vas louer une salle,

t'essaies de faire les choses

de manière un peu plus organisée

dans un lieu...

La free party,

elle est un petit peu

en contestation.

Elle va trouver des endroits

pour se poser

et pouvoir être

complètement libre.

La différence,

elle est un petit peu là.

Sinon, ce qui s'y fait...

Après, ce qui est devenu

la free party en France

est un petit peu plus radical

musicalement.

Mais sinon,

c'est assez proche.

C'est radical le départ.

La free party, en fait,

en France,

elle arrive...

En fait, c'est l'espie.

Tu as expliqué tout à l'heure

la répression,

Tatcher, etc.

Il y a un énorme scandale

en Angleterre.

Les radios pirates

qui diffusent

de la musique électronique.

Il y a des descentes de flics.

Le matos est saisi.

À une époque,

il y avait une grosse culture

du squat en Angleterre

qui était...

C'était OK.

C'était rentré

un peu dans les mœurs.

Et toujours,

à coups de répression,

il y a des manifestations

qui vont être organisées.

Les squats vont être tenus

avec, en face,

une violence policière.

Et du coup,

en réaction, en face,

les mecs qui étaient dans les squats

qui, jusqu'à présent,

étaient plutôt cools

vont aussi devenir

un peu plus violents

pour défendre

tout simplement

les endroits

où ils veulent s'exprimer

et pour beaucoup vivre.

Les petites soirées

qui étaient organisées

justement après les clubs

comme l'Hacienda, etc.,

commencent à être

vraiment coupées,

la tête coupée

par les flics régulièrement.

Et tous ces...

Les groupes de gens

chez les spies originels

et d'autres centres systèmes

de radio pirates

et de squats,

il y a un moment

où ils vont se retrouver

avec des procès

sur le dos

à devoir des millions de pounds.

C'est un vrai délire.

Il y a certains procès

qui vont être gagnés

par ces gens-là.

Mais le mal est fait.

Il y a la fameuse loi

Criminal Bill,

un truc comme ça.

Criminal Justice Site.

Voilà.

Tu ne peux pas te réunir

à plus de 100 personnes,

je crois,

sur une musique

à but répétitif.

Donc là,

la techno est clairement visée.

Ces communautés

de gens un peu marginaux

sont clairement visées

et donc certains vont partir.

Et ils vont arriver où

en premier ?

En France.

En 1993,

je crois,

la première spy.

Et c'est à Paris.

Donc nous,

les Parisiens,

avec nos soirées

trans,

fluo,

certaines soirées

champignonières

avec Lisa,

etc.,

on prend un gros truc

dans la gueule.

Parce que là,

c'est stromboscope,

fumigène,

musique vraiment

assez dure

et tu ne vois personne.

Tu ne vois pas le DJ,

tu ne vois rien.

C'est quelque chose

de complètement différent.

Ça pète les portes

des hangars

à coups de pompe.

Ce qui serait bien,

c'est de rappeler un peu

l'organisation

des Spiral Tribe.

Il n'y en a pas.

C'est juste,

ils arrivent,

ils arrivent,

bam,

ils trouvent,

tiens,

il y a un hangar,

il y a une chaîne dessus,

bam,

coupe boulon,

on y va,

on pose le son dedans.

Le temps que les flics

arrivent à l'époque,

parce qu'ils sont

complètement débordés,

de toute façon,

ils ne savent même pas

que ça existe

et puis ils s'en foutent.

Le temps qu'ils arrivent,

tout le monde est dedans

et très très vite,

on va être très nombreux.

Et quand je dis on,

je m'inclus.

Tous les week-ends,

portent de la chapelle,

les trucs avec les psychiatriques,

l'un des premiers

centres de système à Paris

et il va y avoir

énormément de centres de système

en France,

toujours autour de Paris

mais ça va aller très vite

à Marseille et tout ça,

qui vont suivre cet exemple-là

de dire,

mais finalement,

justement,

on galère pour avoir des salles.

quand il y a des salles,

c'est payant,

il y a des gens

qui n'ont pas les moyens,

ça finit à 6h du matin,

en fait,

trop de règles.

Trop de règles

et ils reviennent

aux fondamentaux

de cette culture.

La règle,

c'est qu'il n'y en a pas

en fait.

On était aussi

dans une période

où les grosses soirées

commencent à fleurir

un peu partout,

les prix des entrées

étaient vraiment très élevés

et ça venait donner

un contre-pied.

Ça prend le maquis

et on n'est pas encore

dans le truc

de traveleurs,

technival,

etc.

Non,

c'est des espèces

d'événements

comme ça

qui arrivent

et le hangar,

ça dure 3 jours

ou un jour,

ça dépend du gasoil

qu'il y a

dans le groupe électrogène

et puis quand il n'y a

plus de gasoil,

soit on siphonne à côté,

soit on rentre chez nous.

Et il n'y a pas

de séparation

encore avec la scène rêve.

C'est,

ok,

ça se côtoie

au travers

de certains artistes.

C'est vrai

que sur le début,

ça se côtoie

au travers

de certains artistes

et puis des rêveurs

qui vont aller

d'une à l'autre

et au fur et à mesure,

vu que la scène rêve

va vraiment

se professionnaliser

et le mot rêve

finalement,

originel,

finir par disparaître

pour événements

ou festivals,

il y a toujours

un de nos grandes

qui est

free party

ou soirée illégale

ou tu peux

appeler ça

comme tu veux.

Personnellement,

je ne suis ni pour l'un

ni pour l'autre,

j'ai toujours aimé

avoir...

Tu ne choisis pas ton camp.

Non,

mais moi,

j'aime les deux.

Je voulais vraiment

que la musique

que j'affectionnais

soit connue

par toutes et tous,

qu'on arrête

de nous traiter

de cinglés,

drogués,

que de toute façon,

la techno,

ce n'est pas de la musique.

Donc,

je n'hésitais pas

à aller à la télévision,

sur des magazines,

etc.

et en même temps,

le week-end,

j'aimais même en trouver

la gueule dans la poussière

dans un hangar

parce que finalement,

c'était vraiment

l'essence même du truc.

Moi,

je n'ai pas ce parcours

free party du tout.

J'ai même été un petit peu...

J'ai milité presque contre

à un moment donné

parce que rien contre eux

en particulier,

mais plus la manière de faire

en fait,

je vais l'expliquer

complètement et longuement,

c'est que moi,

j'organisais des raves

un petit peu partout

dans des lieux

que j'allais louer.

Donc,

j'avais un dialogue

avec des loueurs de salles.

Je faisais un contrat

et je prenais des assurances

et tout ça

pour essayer

de m'insérer

dans la société

avec cette musique-là.

Et c'est vrai

que les free parties,

pour cette action

que moi,

j'entreprenais,

elles avaient

un petit côté négatif.

Et donc,

je préférais

une matrice

pour mieux la baiser,

pour mieux l'insérer.

Et je partais

de ce principe-là

que pour nous faire accepter

la musique

que j'aime tant,

il fallait qu'on nous comprenne.

Et donc,

j'allais au devant

d'institutions

ou de loueurs de salles

ou de maires.

Donc,

moi,

j'ai un parcours

un peu différent

de Manu

où lui,

il était un petit peu plus

sur la liberté

à tout prix.

En même temps,

à l'époque,

quand tu faisais ça,

tu te retrouvais

devant des portes fermées.

Ah oui,

j'ai pris plus de portes

dans la gueule

que d'accords.

Il y a un moment,

si on te dit

mec,

ton truc,

ça c'est Rachi

et puis si tu le fais,

de toute façon,

on va te mettre

des bottons dans les roues,

on prend le maquis.

C'est la résistance.

J'ai quand même réussi

pendant plus de 20 ans

à organiser des raves.

J'ai eu zéro annulation

parce que j'ai toujours

pris le temps

vraiment d'expliquer.

Faire une grosse médiation.

de prendre du temps

d'aller voir

les personnes responsables

pour expliquer.

J'ai un parcours

aussi à côté

en marge

qui me donnait

un petit peu de crédibilité

parce que j'ai une formation

d'ingénieur

donc ça donnait

un petit peu de points,

un petit peu de crédibilité

par rapport à notre société

où il y a besoin

d'avoir des diplômes,

des machins,

des trucs comme ça.

Aujourd'hui,

je m'en fous,

j'ai tout balayé

toute cette première vie

d'ingénieur

parce que cette musique

est plus forte que tout

pour moi.

J'ai préféré me battre

pour ça.

C'est vrai que ça,

par contre,

pour insérer

ces soirées-là

dans la société

et qu'elles soient acceptées

et puis maintenant

aujourd'hui,

c'est le cas,

il y avait quand même

une démarche importante

pour moi à réaliser

de me battre

contre tous ces gens

qui ne nous comprenaient pas

parce qu'on leur donnait

de fausses informations

les médias,

tous ceux qui avaient envie

de...

La loi Pascua,

la loi Mariali.

Il fallait rappeler un peu

tout ce qui était mis en place

à l'époque

par les institutions

pour interdire tout ça.

Tout le monde doit entrer

dans une petite case,

retourner dans vos clubs,

il est hors de question

de faire ça dans un champ,

même si tu fais

plein de déclarations,

etc.

La première Astropolis,

c'était une fête illégale.

Donc,

il y a peut-être

peu de gens

qui le savent,

quoique.

C'est un groupe de potes

qui ont eu envie

de faire une fête

parce qu'ils ont découvert ça,

ils ont découvert cette musique

au Transmusical de Rennes

un an auparavant,

je crois.

Et ils se sont renseignés

et ils ont dit

tiens,

on va faire une fête

dans les alentours de Brest,

mais on n'a pas envie

de faire ça dans une salle,

on n'a pas envie

de faire ça dans un club,

donc on va aller

sur un champ

d'un mec qu'on connaît

du coin,

on va lui filer un bifeton,

on va mettre

deux petites tentes

et puis avec un petit line-up,

un petit line-up,

les Anélias,

le rang en haut.

Du coup,

c'est pas trop mal.

Ouais,

non,

il y avait un gros line-up

quand même.

mais ils ne savaient

absolument pas

ce qu'ils faisaient.

Les gendarmes sont arrivés,

ça a été

une histoire de dingue

et la fête s'est faite,

s'est faite,

même,

et c'était très bien

et ça a été le début

d'une grande histoire.

de toute façon,

quoi qu'il arrive,

même quand on voulait

faire les choses bien

à l'époque,

la répression était là.

J'étais sur des plus

petites jauges aussi,

c'est pour ça que tu peux,

enfin,

si tu es sur des jauges

de 500 à 1000,

tu peux arriver.

Oui,

c'est vrai que c'est bien

la première astro,

beaucoup plus.

Ah bon ?

Je pensais que c'était

2-3 000.

Ah non,

c'est bien,

tu voyais en grand,

tu voyais les choses en grand.

Moi,

je suis arrivé à la deuxième,

donc j'ai pris

le château de Carriolet

ou la troisième,

j'ai pris le château de Carriolet

dans la gueule,

qui est magnifique,

qui rapporte de la magie

à la magie,

donc j'ai vu tout de suite

ça grand,

et bon.

Et du coup,

justement,

par rapport à cette répression

des raves,

on parle de Lyon,

c'est le sujet

de cette conférence,

et quel était...

Ouais,

c'est pour ça qu'on est là,

ouais.

Je tiens à le rappeler,

je fais un petit point,

comme ça.

Et quel était

votre premier contact

avec Lyon

et ses raves ?

Ouh là là !

Alors...

Il faut remonter

le cinosaure,

alors.

Le monde à l'envers,

pour moi.

Il y en a qui connaissent ici,

non ?

Bah ouais.

J'en ai fait des soirées

là-bas.

Alors,

le monde à l'envers,

pour ceux qui ne connaissent pas,

c'est un petit café,

on peut appeler ça comme ça,

une petite salle derrière,

et...

Comment s'appelait le patron ?

Grégoire ?

Grégory ?

Greg ?

Greg ?

Et...

Et je ne sais pas

ce qu'il lui a pris.

Il me filait les clés régulièrement

avec mon acolyte Torgoul,

et on a fait les 400 coups là-bas.

C'était vraiment,

vraiment bien.

Mais ça veut dire qu'on...

Cette musique,

elle n'avait pas besoin

forcément d'une grande salle

ou d'un chant ou quoi.

Une petite salle au fond d'un café

avec un son...

C'est un peu pauvre,

mais...

Je s'en foutais,

c'est l'énergie qu'il y avait,

et je crois que ça marquait

beaucoup,

beaucoup de gens,

ce lieu-là.

Mais j'ai sans doute

d'autres histoires avec Lyon,

mais pour moi,

l'origine,

c'est le monde à l'envers,

je crois.

Je ne me souviens plus.

Le Space aussi,

à Lyon,

ça existait ça ?

Ouais ?

Ouais,

je crois que c'est fait aussi.

L'on de l'autoroute,

ouais,

à Ternay.

Moi,

je ne me rappelle pas.

Je ne me rappelle pas

que j'avais dit qu'on était mauvais.

Il y a un truc

au Transborder,

non ?

Dans l'expo,

il y a un fly

où tu es marqué

en 94

au Transbo,

ouais.

Ok.

Bon,

si c'est marqué,

c'est que je l'ai fait.

Ouais.

De quoi ?

Ah,

ça me dit quelque chose,

c'est à voix en vlin.

Ok.

Le double mixte,

le double mixte aussi,

on avait joué tous les deux,

même une fois.

Mais ça,

c'était plus récent.

C'est plus récent.

Et toi,

du coup,

Antoine,

pour toi ?

La première,

je ne me rappelle pas.

Celle qui m'ont le plus marqué,

c'est toutes celles au double mixte,

électro-système aussi,

en plus.

Oui,

le monde a verre.

Il y avait aussi une autre salle,

une cave.

Tu descends...

Je ne me rappelle plus de nom.

C'est moi,

je devais dire.

On est d'accord.

J'ai entendu Divi One,

c'est ça.

Mais la première,

je ne me rappelle plus.

Ce n'est pas grave.

Ceux qui étaillent

s'en souviennent.

C'est le principal.

S'il reste.

Ou pas ?

Oui,

c'est vrai.

C'est vrai que des fois,

on s'en souvient.

On s'en souvient.

On s'en souvient.

On s'en souvient.

On s'en souvient.

On s'en souvient.

Non,

ça va.

Ok,

cool,

merci.

Sinon,

ils viennent nous chercher

à la fin de la fin.

Allez,

on rentre,

monsieur.

Ok.

Pour continuer,

on a préparé

quelques morceaux.

Un peu de musique,

quoi.

Ouais.

Allez,

Antoine,

lance-toi

si tu veux nous présenter

un peu quelque chose

qui fait référence

à toutes ces années.

Pour moi,

le morceau symbolique

de la rave.

Allez.

Juste la première seconde.

Allez.

Juste la première seconde.

Juste la première seconde.

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de son et à dire vas-y on envoie tout toute la nuit et on doit fermer quelle heure, 7h, on s'en fout, on continue ce qu'amidique.

Il y a des mecs de la techno qui bossaient dans les boîtes de son et tout ça, toujours on arrivait à dégainer quelques caisses.

Aujourd'hui il y a des gros sons de système pour pas...

Mes potes, comment ça s'appelait ? Je ne sais même plus.

Pablo, qui a la plus grosse boîte de son sur Paris et qui organise des free parties depuis...

J'ai un trou de mémoire sur le son de système quoi.

Moi aussi.

Un des derniers là, les mecs, il y a les Insoumis et les Kraken.

Désolé.

Effectivement ils bossent tous dans des boîtes événementielles donc quand on voit les scénographies...

J'ai même fait appel à eux quand j'ai lancé le Nexus pour faire tout son système et les lumières.

Donc maintenant aujourd'hui on arrive à créer un club de A à Z avec des vrais passionnés de techno.

Ce qui n'était pas possible à l'époque quoi.

Il n'y a pas de secret si les gens qui sont à la technique parce que c'est bien beau, le DJ, tout ça machin.

Mais si l'équipe qu'il y a derrière, ce qu'on appelle les petites mains, je ne sais pas pourquoi on appelle ça comme ça d'ailleurs.

Parce que sans eux, on ne fait rien.

S'ils ne sont pas passionnés, parce qu'au début il y avait quelques problèmes aussi.

Les techniciens c'était les mecs du rock et tout.

On ne pouvait pas leur demander grand chose.

Mais...

Je n'ai rien contre les techniciens du rock mais ils ne comprenaient pas ce truc là.

Et surtout ils avaient qu'une envie...

Une fois qu'ils avaient branché, ils avaient qu'une envie c'est de rentrer chez eux.

Ou alors d'aller au pied en attendant ce que je peux comprendre.

Et donc si le son ne fonctionnait pas, tu ne trouvais plus personne.

Donc il n'y a pas de secret, il faut des gens qui soient vraiment passionnés de A à Z quoi.

Les passionnés a priori c'est vous et d'autres, nous, mais tout ce qui se passe derrière aussi.

Sinon la fête elle ne fonctionne pas.

Et ça on a de la chance.

Mais tous les pays où je suis allé, les belles fêtes c'est parce que derrière tu as des gens qui aiment ça quoi.

Qui vont y aller, pas forcément...

Celles qui durent aussi.

Parce que c'est un taf qui est quand même très dur.

Il faut vraiment être passionné pour durer.

Les technoportunistes se débine assez vite.

Les technoportunistes.

Elle est bien celle-là.

Bon sur cette conclusion des technoportunistes, on va être pas très loin du temps avant les questions.

Déjà ?

Oui.

Vous n'avez pas appris grand chose là, franchement.

Vous êtes d'accord ? Non ?

Non mais soyez sincère aussi quoi.

Ça a été très 90.

Bah c'est ça le truc quoi.

Vous ne voulez pas qu'on parle un ton aujourd'hui ?

On aime les 2010 et 2020, on aime tout.

Ça peut être un peu la fin de notre petit débat.

Ouais ouais.

Le lien un peu entre ce qui se passe aujourd'hui et dans les années 90.

L'évolution de toutes ces années, elle est liée aussi aux technologies et puis aux moyens de communication et tout ça.

Donc toutes les évolutions qu'elles soient à travers la musique.

En fait à chaque nouvel outil de musique, de composition, il y a aussi des styles nouveaux qui sont arrivés.

Il n'y a pas eu que ça qui a amené de nouveaux styles mais ça a contribué.

Donc tout ce qui est technologie contribue toujours aussi à ce milieu là.

Tant dans la musique que dans la com et la manière d'organiser tout ça.

Et voilà donc c'est un vaste et long débat qu'on peut étaler sur toutes ces années là.

Et peut-être ça peut être l'objet des questions aussi que les gens peuvent nous poser.

Là tu as une vision de plus d'organisateur peut-être et d'EDA.

Moi je vais rester un peu dans le maquis quoi.

Toi tu as toujours été dans la pureté musicale quoi.

Ouais c'est la musique qui m'intéresse.

Bon les moyens de communication tout ça etc.

Bon c'est pas un secret moi, je vais avec.

Mais voilà sur le minimum syndical.

Non pas vu que ça m'intéresse pas et en fait c'est même pas ça le sujet.

Moi ce qui m'intéresse c'est la musique et la musique d'aujourd'hui celle de demain elle est vachement bien en fait.

Et ça c'est un truc positif.

En tout cas dans ma niche qui est le hardcore, l'industriel, techno super dur.

Il y a des jeunes, il y en a quelques-uns à la salle là.

Et qui font ça super bien.

Ils m'écœurent un peu parce que les mecs voilà quoi.

Ils ont digéré 30 ans de musique et ils ont fait ouais ok d'accord c'était bien.

Aujourd'hui ça va être comme ça.

Et ils le font super bien.

Et moi c'est ça qui m'intéresse.

Et personnellement j'ai monté un label en 2025 mais c'est une vraie galère.

Je l'ai fait parce que pour ces mecs là quoi.

Il y en a un qui est là, Rabit.

On le sait voilà.

Un petit parallèle aussi, on manque de productrices.

Ouais.

On manque de productrices.

Les filles, les femmes.

Après, il ne faut pas tomber dans le piège de genrer la musique.

Mais c'est vrai que par exemple il y a un exemple Somniakone qui est une artiste que pas mal connaissent ici.

Que j'aime beaucoup.

Première fois que j'ai écouté un de ces morceaux sans savoir que c'était une femme aux manettes.

J'ai un truc j'ai dit putain ça c'est une espèce de touche féminine quoi.

Elles ont un truc, enfin vous avez un truc les femmes que nous on n'a pas.

Un truc supplémentaire.

Donc c'est vrai que ça manque un petit peu mais bon.

Il y a beaucoup de freins qui ont été apportés en fait.

Par exemple quand vous allez acheter une machine dans une boutique, des fois les vendeurs se foutent de leur gueule.

Mais sachez que les vendeurs se foutent de notre gueule aussi.

Il y a toujours eu ça dans les boutiques de machines.

C'est vrai ouais.

Un petit côté moi je vais me servir de la machine je vais t'apprendre un truc.

Non bah en fait cool.

C'est un peu comme dans les boutiques de disques au tout début quoi.

Donc soyez pas freiné par ça.

Tu arrives en fait tu vas acheter un truc mais je te dis ce que tu dois acheter et puis de toute façon voilà.

C'est des litiges.

Un espèce de petit pouvoir dommage.

Voilà dommage.

Mais revenons au truc aujourd'hui et demain ça va être super bien quoi.

Bah oui.

Musicalement.

Alors en ce moment musicalement il y a un truc bien.

C'est ce qui m'intéresse la musique d'apprennement en fait.

Il y a un grand courant qui prend un peu toute la place.

Art techno comme on appelle ça.

Avec tous les moyens de communication tout ça.

Bon bah ok on va attendre que ça passe.

Parce que non mais parce que à côté de ça.

Ce courant là par exemple se nourrit de la niche qui est l'underground.

Beaucoup se nourrissent du hardcore.

Je suis pas là pour défendre tu vois ma chapelle mais.

Non mais là c'est réel.

Mais cette musique là se nourrit.

C'est du popcore en fait.

Le problème c'est que ça prend pas toujours les bons codes quoi.

C'est un peu cliché.

Mais c'est comme l'assurance à l'époque ça va passer.

Et le mainstream de toute façon sans l'underground ça n'existe pas.

Donc et dans l'underground.

Bah il y a des gens qui arrivent et qui sont tellement forts.

Donc rêve ou pas la musique va perdurer et reste très intéressante.

Sinon moi perso j'aurais été plus longtemps.

De toute façon c'est relou.

Bref.

Et non non c'est pas relou du tout.

C'est ultra intéressant aujourd'hui.

Après cette vague elle s'explique aussi du fait du.

C'est parti du Covid où les gens ont eu besoin d'énergie.

De partager, de faire la fête.

C'était quand le Covid il y a 4 ans ça va aller quoi.

Bah oui oui.

On l'a oublié presque.

Et puis c'est parti de là.

Et puis ça s'est intensifié.

C'est devenu la nouvelle EDM.

Donc voilà ça prend beaucoup de place.

Mais voilà.

La musique c'est des cycles.

Des nouvelles choses très intéressantes vont aussi arriver.

Et puis voilà.

Mais là on parle beaucoup de musique.

Mais niveau fait.

Est-ce que l'énergie enfin.

L'énergie du début on la retrouve toujours.

Est-ce que.

À des endroits oui.

À des endroits oui.

Il y a encore une fois.

Parce que vu qu'on est aujourd'hui maintenant.

Et aujourd'hui c'est l'art techno.

C'est vrai que toutes ces fêtes là sont assez normées.

Les artistes sont très.

Moi j'ai un problème.

J'ai besoin de créativité.

Et j'en trouve assez peu dans ces soirées là.

Parce que les artistes font comme.

Au lieu d'être eux-mêmes.

Ils ont tous des.

Je fais une généralité.

Il y a d'autres artistes qui sont très intéressants dans l'art techno aussi.

Je peux les citer après.

Il n'y a pas de problème.

Mais je vois beaucoup d'artistes qui font exactement la même chose.

Qui sont habillés exactement de la même manière et tout.

Ce qui était intéressant avec la rave.

C'est justement cette culture de la différence et de la créativité.

Et on le perd un petit peu sur cette musique là.

Mais voilà.

C'est parce que c'est devenu une musique très mercantile.

C'est la nouvelle EDM.

Donc voilà.

Ça se reproduit beaucoup.

Malgré tout.

Il y a quand même des artistes très intéressants là-dedans.

Comme Ayat Models par exemple.

Ce n'est pas du tout mon style.

Je n'aime pas du tout.

Mais je trouve qu'il y a des choses très intéressantes dans ce qu'il fait.

Il est créatif.

En revanche.

Ok.

Ils font tous un peu pareil.

Mais il faut s'en prendre à qui en fait.

Quand tu as une organisation qui sort d'une école de commerce.

Qui a ses bureaux à nuits sur scène.

Et qui va louer un...

Comment on appelle ça ?

Un zénith.

Ou alors des trucs de ce style là.

Des trucs événementiels à Rennes ou à Mulhouse, etc.

Je ne dis personne.

Mais a priori, on peut savoir de qui je parle.

Et en fait, ils vont bosser avec une grosse boîte de bookings étrangères.

Et ils vont aligner un line-up.

Ils se connaissent shit de toute façon.

Puis ils s'en battent les couilles.

Ils mettent 50 DJs qui vont tous jouer la même chose.

Une heure.

70 balles par nuit.

Bim bam boum.

À 5 heures du mat' c'est fini.

Rentre chez Watt.

Il est là le truc.

Si tu mets par 50 DJs qui jouent la même chose sur le même line-up.

Finalement, tu en mets un, deux.

Puis tu mets d'autres artistes.

Peut-être que les artistes devraient choisir un peu plus leur booking.

Mais ils font comme ils veulent.

Ils ont le choix.

On a toujours le choix, mec.

Enfin, je crois, non ?

Enfin, on se doit de toujours avoir le choix.

Ces propositions-là, on les a eues aussi, nous avec Manu,

sur des gros trucs et on les a refusées.

Parce que ce qui nous anime, c'est cette musique d'après-demain.

C'est la rencontre avec les autres.

C'est la liberté de choisir.

Voilà.

Moi, je ne sais pas.

Quand, OK, aujourd'hui, j'ai la chance d'avoir des gens qui s'occupent de moi,

que ce soit Astro ou en Hollande Révolte.

À aucun moment, ils vont me dire, tu vas là, à telle heure, tu joues ça.

Il me dit, tiens, il y a une demande.

Et je demande toujours le line-up, c'est quoi ?

Et si, à un moment, le truc, moi, ne me correspond pas,

je ne me sens pas à ma place,

ça veut dire que je vais me faire chier tout le reste de la nuit.

Et quand je vais jouer, je vais emmerder tout le monde.

En fait, je dis non, quoi.

Je préfère rester chez moi.

Et vu les tarifs que certains artistes appliquent aujourd'hui,

ils peuvent rester chez eux, mais la moitié du mois,

voire même plusieurs mois d'affilée.

Quand tu prends 25 000 balles par date, je pense que tu peux te dire,

je vais en faire un peu moins, mais je vais faire les bonnes, quoi.

Voilà.

Et finalement, je crois qu'il faut remonter tout en haut ou peut-être tout en bas de l'organigramme.

Certains organisateurs, aujourd'hui, débarquent.

Ils ne font pas ça pour l'amour de la musique.

Et le public, je ne vous vise pas vous, mais la nouvelle génération, là,

ils découvrent cette musique, donc Art Techno, avec ces gros événements, etc.

Ils n'y sont pour rien non plus.

Mais il y a un moment, peut-être qu'il va falloir qu'ils ouvrent les yeux,

que c'est juste une cache-machine, le truc, quoi.

Et le problème, c'est que ça met en péril des organisations qui ont vraiment ça dans le sang et dans le cœur,

avec des jauges plus petites, voire même des jauges de la même taille,

et qui vont finir par se gaufrer économiquement parce qu'eux, ils proposent quelque chose de différent.

Et la genèse de cette culture et de cette musique, c'est de proposer quelque chose de différent depuis le début,

et non pas de se conformiser, alors que c'est anticonformiste, subversif, anticapitaliste.

Et je me présenterai donc dans deux ans. Merci.

Je crois que le timing est parfait pour lancer les questions.

On peut féliciter Electric Rescue et Manu Malin pour ce débat assez vivant et incroyable.

Merci de votre patience aussi parce qu'on raconte un peu notre vie, quoi.

Du coup, c'est fini, là ?

Allez, question.

Toujours une fin.

Ça, c'est la partie question.

Ah, au fond.

Ouais, bah, ils s'en foutent un peu, non.

Salut.

Manu, toi, je suis au fond là.

Manu, toi qui as été à Molitor, qui est un peu la teuf qu'on a tous rêvé de vivre,

est-ce que tu peux nous raconter comment tu l'as vécu et nous raconter une anecdote, si tu en as une ?

La plus grande anecdote, c'est que je suis arrivé à 8h du mat', moi.

Je vais essayer l'affaire courte.

En fait, j'avais un booking à Strasbourg ce soir-là.

Et quand j'ai appris que mes potes faisaient l'attentat du siècle.

Alors, c'est peut-être pas le bon mot, l'attentat, mais l'attentat sonore du siècle.

C'est compris.

En plein milieu d'un quartier bourgeois, au nez de toutes les... enfin, de tout, quoi.

Je voulais en être.

Donc, j'ai appelé l'organisateur à Strasbourg.

Je lui ai dit, écoute, là, on a un problème.

J'ai mes potes, ils font le truc du siècle.

Donc, ils ne pouvaient pas annuler.

Il y avait Olivier Schessler et Torgoul, etc.

J'ai dit, je vais venir tôt, je vais faire le warm-up et je vais repartir.

Je suis allé en voiture, j'ai fait l'aller-retour.

Et on s'est pris une petite tempête de nez sur la route au retour.

Je suis arrivé à 8h du mat', j'ai des yeux ici.

J'en ai plein la gueule, bref.

J'ai fait un set indigeste.

Je m'en souviens.

Et d'ailleurs, mes potes hérétiques, à un moment, ils m'ont dit, vas-y, passe la main.

Je dis, ouais, c'est cool.

Je suis arrivé avec un gros set hardcore gras.

Ils étaient déjà jours.

Les gens se disaient des grimaces et je les comprends.

Mais j'ai eu le plaisir d'avoir été là, quoi.

Et ensuite, quelques heures plus tard, je suis resté avec le crew et je leur ai demandé, alors ?

Et puis, alors, c'est dans le documentaire We Are The Dream, quoi.

C'est Damien ?

C'est de mon ami Damien Raclo.

Et c'était...

De toute façon, quand je suis arrivé, j'ai senti, putain, il s'est passé quelque chose ici.

J'avais les boules, hein.

J'avais vraiment les boules.

Je me suis dit, mais pourquoi j'ai pas dit à l'organisateur, écoute, mec, en fait, déso, mais je vais pas venir.

Peut-être parce que c'est une question de respect aussi.

Mais il s'est vraiment passé un truc cette nuit-là.

Et tout s'est bien passé, surtout.

Tout s'est bien passé.

J'aurais rêvé d'assister au premier coup de massue qui a été donné sur le mur pour faire entrer 4000 personnes, grosso modo, en 8 minutes chrono.

Et pour ça, mes potes, ils ont été fantastiques, quoi.

Ils ont été fantastiques.

Et tout ce qui s'est passé toute la nuit, il n'y a pas eu un seul problème, quoi.

Et comme quoi, c'est possible.

Voilà.

Et bravo.

Merci.

Du coup, on a parlé des artistes qui prenaient, juste ici, qui prenaient des gros cachets.

Et est-ce que...

On parle d'argent.

Non, on a parlé des artistes qui, voilà, avaient des tarifs de plus en plus élevés.

Est-ce que aussi, c'est pas un problème dû à la rémunération par rapport aux plateformes de streaming

et qu'ils seraient obligés d'augmenter leurs tarifs ?

Est-ce que ça se justifie ou pas ?

Ouais.

Non, non, c'est pas dû au streaming.

C'est dû à des managers qui font monter la sauce, qui font monter les enchères.

En fait, moi, je fais du booking toute la journée.

Je suis DA de trois clubs différents.

Et je pose donc des artistes en fonction de leur univers musical.

Et derrière, tu tombes avec un booker puis un manager.

Et le manager valorise son artiste.

Et moi, je suis devenu un trader, en fait.

Super.

Et donc, je parle à d'autres traders qui font monter les cordons de la bourse.

On en est arrivé à ça.

C'est très désagréable pour moi, qui est un vrai amoureux de cette musique

et qui a tout plaqué pour ça et qui est heureux.

Mais le côté trader est un peu relou.

Mais non, voilà, c'est plus le côté manager, booker qui font monter les enchères.

Parce que, par exemple, sur Paris, il y a énormément d'offres.

Donc, il y a des grandes salles.

Et puis, avec des prix d'entrée qui sont plutôt élevés.

Là, en ce moment, de notre côté, par exemple, on essaie de baisser les prix.

Parce qu'on en a marre, en fait, de cette montée des enchères.

Et puis, les gens n'ont pas de thunes, quoi.

Donc, on est conscients de ça.

Et voilà.

Mais c'est une grosse bataille parce que, derrière, le manager continue à faire monter

Sarah Landry, Hyde Models, tous ces gros artistes qui ne prennent plus de 25K.

Ce n'était pas ceux-là.

Ceux-là, ils prennent plus encore.

Il va te dire, en fait, si tu ne veux pas payer, il y a ailleurs plus cher.

Ouais, je m'en fous.

J'ai à côté.

Donc, si tu ne payes pas, je vais à côté.

Donc, on en est là.

On en est là, en fait.

Ce n'est pas très joli.

On est très loin de l'anticapitalisme, quand même.

Non, non.

On est loin de tout ça.

C'est toujours...

C'est post-Covid.

Poste, c'est...

Non, non.

Ça chatouillait déjà avant.

Ça chatouillait déjà avant.

Je te rassure.

Ouais, mais après le Covid.

Parce que, pendant le Covid, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais sur les réseaux,

les artistes s'engageaient.

Genre, putain, on doit tout...

Enfin, reprenons les choses au début.

Soyons ensemble.

Faisons des choses ensemble.

Communiquons.

On doit retourner aux fondamentaux.

Euh...

Et en fait, ça a été pire que tout après, quoi.

Non mais ça a été pire que tout, quoi.

Les mecs, c'est le concours à l'oseille, quoi.

C'est-à-dire qu'un gars qui prenait 5 000 balles, déjà 5 000 balles...

Après le Covid, il en prenait 20 000.

Et sans aucune raison, sans plateforme de streaming, sans rien.

De toute façon, il n'avait pas fait de musique pendant ce temps.

De toute façon, il faisait peu de musique, en général.

Il y en a qui prennent beaucoup d'argent, mais ils font peu de musique.

Moi, je ne vais pas leur donner parce que je n'en fais pas beaucoup non plus.

Ils ont des ghostwriters aussi.

Enfin, tu vois, il y a un espèce de...

Et je suis désolé.

Si les organisateurs qui sont assez cons pour accepter de donner 60 000 euros à un cum,

pour une heure sur Ableton,

bah franchement, absurd tech, quoi.

J'ai ce que je te dise.

Moi, personnellement, je ne les prendrais pas.

Mais toi non plus, d'ailleurs.

Ni en tant qu'organisateur, ni en tant que DJ.

Non, j'en prends, j'en prends, Manu.

Ah oui, parce que, en fait, dans la boîte dans laquelle je bosse,

il y a des vrais passionnés, dont le patron,

avec qui j'organise des raves pendant les années 90,

et qui aime cette musique.

Moi aussi, j'aime cette musique.

Il y a beaucoup de passionnés dans la boîte.

Et puis, il y a des publics qui sont passionnés aussi par les artistes.

qui vont voir, même s'ils ne connaissent pas l'envers du décor.

Enfin, voilà.

Par respect pour ces gens, par respect pour les gens qui travaillent avec nous,

je suis obligé de faire quelques concessions

pour aussi faire rentrer de l'argent dans la société,

pour pouvoir proposer d'autres soirées après,

peut-être un peu plus sincères.

Donc, c'est une espèce de mix d'exister financièrement

dans une économie dans laquelle je suis obligé de faire ces concessions

pour pouvoir aussi exprimer les belles valeurs à côté.

Et puis, ça dépend de la taille des salles aussi.

Enfin, voilà.

Mais oui, ça me fait mal au cul.

J'allais juste dire, c'est peut-être...

Oui, c'est ça.

C'est la société.

Et la techno et TAP, comme tout...

Vous parliez tout à l'heure que vous manquiez de productrices.

Oui, énormément.

Mais je me demandais un peu, c'était quoi dans les rêves ?

Genre la part des femmes ?

Est-ce que c'était plutôt égalitaire ou c'était plus des gars ?

Comment était l'environnement ?

La part des femmes dans les DJ, ça va mieux.

En tant que rêveuse, je veux dire.

En tant que rêveuse, on est sur une quarantaine de pourcents de femmes en soirée.

Même à l'époque, je veux dire ?

À l'époque, ça a toujours été à peu près ça.

Toujours un peu plus de mecs en soirée.

À l'époque, on n'avait pas vraiment de quota, en fait.

Mais vous, voyez quoi ?

C'était plus une impression.

Qu'est-ce que vous voyez, vous ?

Aujourd'hui, il y a des vrais chiffres.

Moi, j'ai des stats et tout, mais c'est super.

Mais j'essaie de pas trop les regarder.

Mais je suis obligé quand même un petit peu.

Aujourd'hui, j'ai des vrais chiffres.

À l'époque, c'était plus un aperçu.

On voyait plus de mecs que de nanas en soirée.

Ça a toujours été un peu ça.

Pour différentes raisons qu'on peut énumérer.

Moi, ce que je trouve vraiment positif,

c'est qu'effectivement, cette musique,

elle est vers le plus grand nombre.

Et maintenant, elle est comprise.

Mais politiquement, par contre,

pour moi, il n'y a plus de...

Ça va beaucoup mieux.

Non, je trouve qu'au contraire,

le fait qu'on était marginaux,

on portait quelque chose.

On portait une vision du monde.

On portait autre chose.

Et oui, ça s'est étendu à tous.

Et ça, c'est vraiment...

Enfin, on en est heureux.

Mais il n'y a plus de côté politique.

Et pour moi, il y a...

On a perdu l'essence.

Je suis d'accord avec toi.

En fait, c'était tellement bon

que ça a convaincu énormément de gens.

Et en fait, elle est arrivée dans la rue, cette musique.

Et donc, c'est la loi de la rue qui a pris la place.

Tu vois ?

C'est aussi con que ça.

Récemment, on m'a reproché, justement,

de me positionner, on va dire, politiquement.

Quand je dis politiquement, c'est pas...

Je suis pas encarté, tu vois ?

Et je me suis pris les foudres sur les réseaux sociaux.

Genre, vas-y, la musique, c'est pas politique.

Fais ce que t'as à faire, tu le fais très bien.

Mais mêle-toi de ton cul.

En fait, ils n'ont pas compris que la musique,

de toute façon, globalement, je ne parle même pas de techno,

c'est toujours politique.

Tu passes des messages ?

Je passe des messages.

Le blues, le rock, le punk,

enfin, toutes ces...

Enfin, toutes ces musiques au début.

Le rock, c'était la musique du diable, quoi.

Tu vois ?

Tu te faisais brûler sur le bûcher, quoi.

Et la techno, ça a été ça aussi.

Et...

La rêve, le message qui est...

qui n'était pas vraiment...

Enfin, qui n'était pas écrit du tout.

Et il n'y avait pas de paroles dans la musique.

Mais c'était simplement des volontés et des impulsions.

C'était...

Tout le monde est bienvenu.

Donc, déjà, c'était un mouvement,

et j'aime à dire que ça l'est toujours,

qui prenait la tolérance.

Dans le monde dans lequel...

La culture de la différence.

La culture de la différence.

La culture de la différence et la tolérance pour...

Whatever, whatever...

Vas-y, t'es bienvenu, quoi.

La différence est une richesse.

Et...

Aujourd'hui...

Évidemment que ça s'est perdu,

et que...

Par moments, il faut peut-être remettre...

Appeler un chat un chat.

Que...

Le mouvement rêve ou la musique techno,

et les gens qui aiment cette musique,

oui, sont foncièrement antiracistes.

Oui, sont foncièrement...

anti...

Tout ce qui est homophobe...

Voilà.

Donc...

Et moi, on m'a reproché de dire,

bah oui, je suis désolé, je suis de gauche.

Voire même de gauche de la gauche.

Et...

Mais c'est pas bien grave,

même si t'es de droite,

ou même de droite de la droite.

Tu veux venir, tu peux.

En revanche, ton message,

moi, j'ai pas envie de l'entendre,

mais...

Je reste tolérant.

Et...

Après...

Peut-être à l'époque,

plus d'artistes voulaient se mouiller,

j'en sais rien.

Il y a peut-être...

Enfin...

Avec les réseaux sociaux,

aujourd'hui, c'est très compliqué.

Ils ont plein la gueule assez rapidement.

Moi, ça m'est encore arrivé, là.

Voilà, le truc de la fête de l'Huma.

Euh...

Sur Instagram, tout se passe bien.

Euh...

Avec Durvie,

parce que c'est une nouvelle génération,

et peut-être ils sont...

Ils sont plus bienveillants.

Enfin, il y a moins de haters,

comme on dit,

sur Facebook.

Sur Facebook, la première heure,

tout va bien.

Et le lendemain,

bah c'est toute la fachosphère, quoi.

Et là, pfff...

Gauchiasse,

enfin, tout ce que tu veux.

Et tu sais quoi ?

Combien même, quoi.

Mais, euh...

T'as raison que le message,

euh...

C'est...

C'est un peu perdu, dilué.

Mais, euh...

Enfin,

libre à nous tous, en fait,

de le rediffuser à nouveau, quoi.

De l'exprimer.

Mais vous, nous, enfin, peu importe.

On est tous acteurs, de toute façon.

Enfin, je pars du principe qu'on est tous acteurs.

La genèse de la rêve, c'était ça.

Tout le monde était acteur.

Les danseurs, les DJs, le mec...

La fête dépend de toi.

On est là, ouais.

Complètement.

Donc, euh...

T'as envie de dire quelque chose.

Aujourd'hui, euh...

T'as plus besoin d'aller au bar, au bar du coin.

Tu prends ton ordi.

Mais dis-le.

N'hésite pas, en fait.

C'est...

Enfin, enfin...

Faut que personne n'hésite, quoi.

Après, euh...

Peut-être des gens, ils ont pas envie de perdre certaines choses.

Ou de...

Ou d'en prendre plein la gueule.

Moi, à l'âge que je...

Voilà.

Donc, euh...

Je dis ce que je pense.

Et euh...

Et je suis complètement d'accord avec toi.

J'aurais une question ici, au niveau du centre, pardon.

Déjà, je voulais vous remercier pour cette conférence, qui est juste géniale.

C'est quand même une superbe occasion.

Merci à vous.

Et j'aurais une question.

J'aimerais vous demander des conseils éventuellement.

Le ou des conseils.

Sur un artiste qui aimerait se développer, mais qui a des...

Comment...

Des goûts un peu dans beaucoup de styles.

Que ça soit le rock, le métal, mais aussi techno.

Puisqu'on est vraiment dans la soirée techno.

Quel serait, en fait, le conseil un peu pour relier un peu tout ça dans sa musique.

Et trouver, en quelque sorte, des gens qui sont intéressés par ça aussi.

Et pas forcément un style en particulier.

Par exemple, j'ai un peu mal avec ça.

Le premier, fais-toi plaisir.

D'accord.

Tout doit être basé là-dessus, déjà.

Ok.

Fais ce que tu aimes.

Euh...

Choisis...

Après, chaque musique a ses codes, aussi.

Donc, c'est des manières de faire différentes.

C'est ce qui est un peu compliqué.

Voilà.

Donc, la réponse...

Casse-les, les codes.

Il ne faut pas qu'ils...

N'hésite pas à les casser, en fait.

Oui, oui.

Mais après, il y a...

Je parle après pour se faire connaître.

C'est ce que tu demandais.

Bah, déjà dans l'étape de se faire plaisir, d'oser la chose.

Ouais.

Surtout oser.

Surtout oser expérimenter, proposer des choses qui...

Qui te paraissent pertinentes et qui changent.

Et surtout pas faire comme.

C'est ce que j'évite.

Indirectement, mais en voulant développer mon propre truc.

Parce que c'est ce qu'on reprochait tout à l'heure à l'Art Techno,

où on trouvait que les artistes faisaient un peu tous les autres.

On est bien d'accord.

Avec le phénomène Instagram qu'on retrouve.

Donc vraiment, ouais, de la personnalité.

Parce que c'est aussi...

La culture de la différence, elle est là-dedans aussi, tu vois.

Donc c'est vraiment...

Je cultive ma différence et je la propose.

Après, j'essaye d'avoir du discernement et les pieds sur terre,

de savoir ce que je peux améliorer, où progresser, de quelle manière.

Aller à la rencontre de qui pour développer ma musique.

Et puis après, un bon Soundcloud, un TikTok, tout ça.

Enfin, tous les trucs qu'on adore.

Instagram.

Et puis...

Bah oui, oui, oui.

Il me demande du développement.

Qu'est-ce donc Instagram ?

Donc, de faire du contenu créatif.

Pas du contenu putassier.

Aller se prendre devant un monument, des trucs comme ça.

En fait...

C'est chiant, on peut le dire.

Fais des petites sessions de studio où tu montes comment tu...

Ça, c'est créatif, c'est chouette.

Des idées de vidéos que tu peux faire, de montage de clips.

Créatif.

Moi, c'est ça que je retiens en premier.

Si je vois que l'artiste féminine ou masculin, ou autre,

propose des choses créatives, différentes,

c'est ça qui va me choper direct, quoi.

Et c'est comme ça que je vais faire mes choix en premier.

Après, il y a tous les trucs mercantiles qui rentrent en jeu,

nombre de followers, tout ça.

Ça, on s'en fout.

Non, mais de base, c'est dans une mélanger du métal et de la techno.

Vas-y, mon frère.

C'est ça.

Désolé.

Ça, c'est perso, mais...

Mais ça fait du bien de l'entendre.

Merci beaucoup, quoi.

Et n'hésite pas à m'envoyer des trucs, d'ailleurs.

Ah, merci mille fois.

Non, mais tant qu'il y a.

C'est un truc qui me parle, quoi, moi.

Il y a mail ou une plateforme en particulier, peut-être ?

Pardon ?

Est-ce que je peux vous envoyer ça par mail ou quelque chose ?

Alors, tu vas sur la page Facebook MK MK, il y a le mail qui est le mail du label.

Et si tu as des tracks déjà faits, que tu considères comme aboutis,

ou alors tu veux juste peut-être un avis, que je l'écoute, tu m'envoies ça par mail.

Et puis nous, on écoute tout.

Voilà.

On a des méthodes d'écoute, parce qu'on reçoit énormément de choses, mais on écoute tout.

Parce que tout est important, en fait.

De toute façon, ça ne coûte rien, mec.

Tu fais de la musique, enfin...

Les premières fois où nous on a des cassettes, tu vois, genre à des organisateurs,

on laisse tomber.

Finalement, je lui fais la cassette et puis voilà, quoi.

Et si ton truc, il est solide, que ce soit moi ou quelqu'un d'autre, on s'en fout.

Il y aura toujours...

Enfin, si c'est solide, j'ai envie de te dire, ça marchera, quoi.

Il y a un truc qui est important, c'est avoir le discernement aussi.

Pas les potes.

Demande pas aux potes, parce que les potes, ils vont toujours t'encourager.

Mais demande à des personnes plus neutres.

Est-ce que ça sonne ? Est-ce que machin ?

Et puis après...

Après, sinon, tu ne demandes à personne, quoi.

Si tu sens que ton truc, il est solide, tu y vas, quoi.

Tu peux comparer avec d'autres morceaux, un peu dans les mêmes zones.

Ah, Julien !

Si c'est solide, on y va, non ?

Bah, merci mille fois pour ces beaux conseils.

Tâche-parole, merci.

Bon, bah...

Donc, vous prenez tous vos cahiers, et puis on se renvoie lundi.

Vous êtes en train de...

Encore une ou une question.

Ouais.

Bonjour.

Bonjour.

Et merci pour vos interventions.

C'était quand même très chouette de vous entendre parler.

Vous parliez que dans la scène rave, c'était la culture de la différence.

Et moi, personnellement, j'ai l'impression qu'on est plus dans un phénomène un peu de gentrification dans les clubs.

Enfin, on retrouve plus, on retrouve pas, on retrouve beaucoup de personnes de la même classe sociale.

C'est pas un problème.

Enfin, moi, j'aime bien aller dans des clubs, aller sortir, etc.

Mais finalement, il y a moins de différence.

Il faut peut-être un peu plus suivre des collectifs ou autres.

Dans des soirées qui sont un peu moins...

Enfin, où il y a moins de com, quelque part.

Du coup, est-ce que vous constatez ça ?

Parce que...

Ça dépend des lieux où tu vas, déjà.

Le prix d'entrée, qui fait déjà une première sélection, moi, ce qui m'énerve.

Mais voilà.

C'est comme ça.

Puis, parce qu'il y a aussi des artistes à payer, des lieux, tout ça.

C'est vrai que...

Pareil sur Paris, par exemple...

Paris encore.

Sur l'Ouest parisien, ça va être des clubs un peu plus huppés, avec un public un peu plus...

Et puis, nous, on est sur le Nord-Est parisien, c'est un peu plus tout public.

Voilà.

Après, t'as les friperties où là, c'est vraiment encore plus tout public et qu'il n'y a plus le frein de l'argent.

Ouais, mais c'est comme si c'était la société, en fait.

C'est pas une volonté des organisateurs, parce que la majorité des organisateurs,

sauf ceux dont tu parlais tout à l'heure, des écoles de commerce, tout ça, là.

C'est des gens qui sont passionnés, donc...

Les bureaux sont induits sur scène.

Donc...

Google et votre avis, vous allez voir.

C'est avant tout des passionnés, en général ceux qui organisent.

Après, il y a des patrons de clubs ou de festivals qui sont pas forcément passionnés,

qui font ça.

Mais t'as toujours des A ou des gens dans le lieu qui font ça vraiment avec le cœur et voilà.

Mais c'est l'image de la société, en fait, le reflet de la société.

Le truc, c'est que tu prends comme exemple les clubs avec les collectifs, quoi.

Je suis obligé de te dire, rêve, club, il y a une différence.

Elle était beaucoup moins marquée il y a 30 ans, avec les clubs qui voulaient bien se mouiller, tu vois.

Aujourd'hui, elle est foncièrement marquée.

Tu vas dans une rêve, il n'en reste pas énormément, mais là, tu vas...

L'éventail va être beaucoup plus large, quoi.

Dans un club, effectivement, le prix d'entrée, tout ça, ça définit juste qui va y aller.

La musique définit aussi qui va y aller.

Et pour casser ça quand même, nous, par exemple, sur les gros clubs dans le nord-est de Paris, là, on fait quand même des prix super bas.

On essaie de faire un maximum et on en fait de plus en plus.

Des 10 balles, 12 balles, c'est déjà une somme.

Mais après, je veux dire, il y a 35 personnes qui bossent dedans, 15 mecs de sécu, des artistes.

Enfin, tu vois, forcément, il y a des choses à payer, quoi.

Donc, il faut au moins amortir les frais.

Crois-moi qu'on tord le coup au budget pour essayer de rendre ça le plus accessible possible.

Ce n'est pas le cas partout.

Dans l'autre partie de Paris, là-bas, ils s'en foutent, ils font 50 balles, machin.

Nous, on ne comprends pas.

Mais bon, il y a des gens qui payent.

Est-ce que ta question, plutôt que d'avoir une espèce de sélection rapport au tarif d'entrée,

est-ce que ta question pose plus sur le...

Certaines personnes ne se sentent pas à leur place dans certains clubs ou avec certaines populations ?

Il y a un peu de ça, oui.

C'est ce que je ressentais aussi.

Est-ce qu'on peut mettre le mot, les personnes racisées se sentent exclues de certains clubs techno,

peut-être trop blancs, hétéros ?

C'est une vraie question parce qu'on l'a déjà dit, j'ai déjà débattu là-dessus.

Non, oui, il y a un peu de ça, mais en fait, c'est juste, c'est le fait...

Enfin, il y avait une vision assez, peut-être aussi, mercantile, parce que l'augmentation du prix, de manière générale, du coût de la vie,

fait que, en fait, la musique devient...

Enfin, les clubs ou même des raves ou même des festivals, il y a des festivals.

J'ai entendu des choses qui m'ont un peu fait sortir de mes gonds sur les prix, des conso, sur tout ça.

Donc, en fait, ça rejette beaucoup de personnes.

Mais après, ça, c'est la vie, c'est le capitalisme, c'est comme ça.

Non, non, non, on n'est pas obligé de subir ça non plus.

Non, non, je suis d'accord, mais c'est pour ça que, du coup, j'avais peut-être une autre question en tête, c'est...

Est-ce que vous avez des exemples de festivals hors Astropolis où il y a...

Non, mais parce que...

Non, mais...

Je crois que les nuits sonores...

Non, mais hors nuits sonores...

Nouvelle génération, il y a une bonne politique.

Oui, oui, oui.

Positives éducation aussi, mais je ne sais pas si ça va continuer.

Mais hors nuits sonores...

Astropolis...

Fortress, Astropositiver...

Bah...

Le Cirque à Dijon, le Cirque à Dijon.

Le Cirque à Dijon, le Cirque à Dijon, pardon.

Oui, oui, oui, oui, le Cirque à Dijon à fond.

Le Cirque à Dijon.

Là, c'est des petites jauges.

Ouais, à taille humaine.

C'est la fête entre potes.

Après, il faut se renseigner.

Je trouve qu'en France, il y a quand même plein de petits collectifs, des micro-festivals qui éclosent

et qui sont quand même très inclusifs où tout le monde est...

Enfin, on retrouve un peu cette première essence.

Il faut juste un peu se renseigner sur des prix assez accessibles.

Des supers artistes locaux qui envoient des sets de malades mentaux.

Et quelques headliners, mais qui ne sont pas là pour castonner.

Exactement.

Et ça existe.

Et juste se renseigner un peu.

Il y a plein de temps en droit pour trouver son bonheur.

Et justement, il faut y aller et les motiver à continuer.

Parce qu'il n'y a pas de secret.

On pourrait faire des milliers de conférences autour de nous.

Enfin, pas nous, mais il pourrait y avoir des milliers de conférences.

Il y a même eu des expositions sur la techno à Paris et la Philharmonie.

Donc, bon, c'était vraiment...

Ça ne parle pas beaucoup de gens.

C'est assez ciblé, on va dire.

Mais il n'y a pas de secret.

Si le public, à un moment, n'a pas du point sur la table, d'une manière ou d'une autre.

C'est-à-dire, continue, en fait, d'aller là où on lui montre la lumière.

Et puis, c'est combien ?

Ok, tiens, voilà, hop.

Et là, il faut...

En fait, ça n'évoluera jamais, quoi.

Donc, le public, à nouveau, est sans doute l'acteur principal de cette fucking musique et scène, quoi.

Et c'est sans doute un des problèmes actuellement.

Vous savez que trop de...

Bon, si c'est comme ça, c'est que ça doit être comme ça.

C'est pas forcément comme ça.

Il y a des gens qui font d'autres choses.

Lui, au sein de son club, il amène un autre truc, même s'il est aussi prisonnier d'un système économique.

Il y a une volonté sur les festivals, etc.

Ouais, on fait beaucoup d'accompagnement public.

Comme il disait, les petits collectifs, ils n'ont pas envie de faire un truc avec 15 000 personnes, quoi.

3, 400, 500, 600.

Parce que, après, plus nombreux, ça peut aussi...

Ça t'échappe.

Et là, tu rentres à nouveau dans un système.

Mais c'est aussi au public de dire à un moment...

C'est bon, là.

70 balles pour 5 heures de musique, tu es la même.

Il n'y a pas de scénographie.

Il n'y a pas d'âme.

Il n'y a pas ce vibe, en fait.

Ça sonne un peu comme un hippie, mais c'est vraiment comme ça.

En fait, il faut juste dire non, maintenant.

Juste dire non.

Et tu vas voir que les organisateurs qui font ça, ils vont aller faire autre chose ailleurs.

Ils vont faire de...

Je ne sais pas quoi.

La pop ou travailler dans le commerce comme ils savent faire, quoi.

Mais ils arrêteront de se dire organisateurs de techno.

C'est bon.

Oui, clairement.

Pardon.

Alors, ça, c'est un truc que moi, je remarque.

C'est que, encore une fois, le Covid, avant, les 30 années d'avant, il y avait une espèce d'initiation, en fait, de public, de transmission.

Et tous les nouveaux qui arrivaient, tiens, il faut faire comme ci, faire comme ça.

Enfin, il faut faire comme ci.

Tu peux faire comme ci, tu peux faire comme ça.

Et c'est vrai qu'il y a une scission générationnelle avec le Covid où il y a plein de publics qui, quand il y a eu le Covid, ils avaient 16, 17 ans.

Et c'est le moment où ils allaient sortir.

Et ils ont commencé à sortir sur des trucs très, très, très durs et tout.

Et toutes nos générations d'avant n'ont pas pu leur transmettre ces valeurs de la règle, de la culture de la différence, tout ça.

Et c'est vrai que c'est ce qui a créé cette vague art techno.

Je n'en ai pas parlé tout à l'heure parce qu'après, on est parti sur autre chose.

Mais ça, c'est un point important, c'est qu'il y a eu cette section.

Oui, mais elle le mérite.

Non, non, mais on fait de l'art.

Il y a un peu de business avec l'art, c'est toujours comme ça.

Mais voilà, ça reste de l'art et de la créativité.

Il n'y a pas eu cette transmission générationnelle qui se fait d'habitude avec ce fucking Covid.

Donc du coup, il y a un travail qui va être fait.

Moi, régulièrement, enfin Manu, tout le monde, on essaie de transmettre, de faire des rendez-vous comme ça.

Et des masterclasses et même aller dans les écoles et leur faire tâter de la platine, des synthés, tout ça.

Mais toute cette transmission, elle a perdu deux ans.

Donc il va falloir récupérer ces deux ans et reprendre la transmission qu'on a faite auparavant.

Mais il y aura quand même eu cette génération qui a créé cette EDM.

Et voilà.

Mais malgré tout, dans cette génération, il y a énormément d'artistes hyper intéressants

qui vont accrocher les wagons et qui vont drainer d'autres gens derrière, qui vont en convaincre d'autres et tout ça.

Mais ça va prendre un temps assez long.

Ça va prendre un temps assez long.

Mais il y a vraiment eu cette scission que nous a engendré cette période.

Juste par rapport à...

Quand on parle d'espace de liberté et justement de musique, que j'ai pu un peu plus connaître,

mais aujourd'hui, quand on voit politiquement les choix qui sont faits par rapport aux free parties...

Alors oui, il y a des choix.

Les publics vont dans des soirées peut-être trop onéreuses.

Mais je trouve que les artistes ne prennent pas assez la défense des gens qui défendent des valeurs de liberté et d'autres choses justement.

Ce que disait Emmanuel tout à l'heure, c'est que c'est difficile de parler aujourd'hui en tant qu'artiste.

Parce que tout de suite, il s'est fait défoncer.

Il disait des choses très belles que je partage en plus.

C'est bien ce que tu dis.

Parce qu'il faut rappeler qu'on a parlé de répétion dans les années 90 et tout.

Aujourd'hui, j'ai presque envie de dire que c'est pire qu'avant.

C'est pire qu'avant.

Je suis en contact toujours avec mes potes.

Tu vois que ça se fait Kraken, Insoumis ou d'autres centres de système, on s'en fout des noms.

Quand il y a des centres de keufs aujourd'hui, c'est du sérieux.

C'est plus les enfants, rangez vos platines et rentrez.

Aujourd'hui, avant, il y avait une confiscation du matériel.

Aujourd'hui, ils ne prennent même plus la tête les condés.

Ils cassent le matériel.

Et les gens avec.

Il y a eu Redon.

Redon, c'est un très bon exemple.

C'est mes potes qui étaient là-bas.

Donc, j'ai eu les vidéos en direct avec les capitaines de CRS.

De toute façon, c'est la brigade qui était affiliée à Nantes,

qui avait déjà eu des problèmes.

Au moment de l'accident, le mec est tombé dans...

Comment il s'appelle ?

Samuel ?

Steve.

Steve, pardon, excusez-moi.

Où il y a eu bataille rangée entre certains membres de collectifs du Centre Système

au moment de la mort de Steve.

Donc, c'était le même escadron, on va dire.

Mon pote m'a envoyé une vidéo.

Le mec dit.

Là, c'est la belle.

Et là, c'est pour nous.

On va vous la mettre.

Et tout ça sous couvert de ministères de l'Intérieur, de préfets, tout ça.

Ils ont même interdit aux premiers secours et aux pompiers

de faire ce qu'on appelle un couloir sanitaire.

Genre, on est en guerre.

Tu prends les blessés, etc.

Il y a eu interdiction de faire ça.

Les condés ont débarqué.

Il mettait du jus d'orange dans le groupe électrogène.

Et tu en as un autre.

Tu lis toujours les vidéos.

Il est en train de taper avec une hache sur des câbles électriques.

Et là, mon pote lui dit, mec, tu vas te prendre une décharge.

Tu vas pas en revenir.

Ça a été un véritable massacre.

Et c'est comme ça à chaque fois qu'il y a une...

Et pourtant, les collectifs que je cite, les plus vieux ou même ceux qui vont venir,

ils ont vraiment une...

On n'est plus dans les années 90 où genre, vas-y, chine quand, tu vois.

Désolé.

Mais avant, il n'y avait pas Internet.

Ça passait pas à la télé non plus.

C'est ça qui me sidère un peu.

Redon, on parle de quoi ?

On parle de 1500 personnes.

On n'est pas sur le Sarkoval de l'époque.

On était 40 000, tu vois.

J'y étais.

Où là, effectivement, contrôler 40 000 personnes pour que ça reste propre.

Pour qu'il n'y ait pas de problème d'harcèlement sexuel, de violence sexuelle.

Et tout ce que tu veux, toutes les choses négatives,

quand t'as 40 000 personnes qui se la collent sur un même endroit,

c'est pas bon, en fait.

Donc une soirée avec 1500 personnes,

mais à quelle heure on voit débarquer un escadron qui pète tout ?

C'est un pays civilisé, a priori, non ?

Et de quel droit ?

Ils ont rien fait de mal.

Et aujourd'hui, il y a eu une erreur sur l'Aude, récemment.

Personnellement, quand j'ai vu le truc,

je me suis dit...

Ils se sont excusés.

Enfin, il y a eu une derrière.

Tous une.

Mais qu'est-ce qui s'est passé ?

Violence des habitants du coin.

Et ça, c'est pas bon non plus pour l'image de la techno,

on va dire, marginale entre les mots.

Alternative.

Alternative, merci.

Alternative, quoi.

Mais on a tous le droit de faire des erreurs, quoi.

Mais effectivement, il y a peu d'artistes qui défendent tout ça.

J'ai pas envie de me faire le porte-parole.

Je suis loin d'être le porte-parole de ça.

Quand on me pose la question, je réponds.

Quand il y a eu le boycott du Club 88 à Rennes,

j'ai participé au truc.

Mais peut-être que faire les choses, c'est plus important

que d'en parler sur Instagram.

On est tous responsables.

Je pense que c'est aux clients.

C'est pas qu'aux pros et aux artistes, effectivement.

Ah ouais, parce que sinon, c'est...

Je sais pas ce qu'il faudrait pour que ça...

C'est donc quichotte.

Ben, il faudrait...

Enfin, je trouve que depuis les années 90, l'image...

C'est les politiques, le problème.

Ouais, c'est ça.

C'est des fois politiques.

On est dans un état policier.

Et puis, on s'approche de plus en plus vers des choses extrêmes

qui vont réprimer encore plus ça.

Et c'est à chacun de nous, en fait, de refuser, en fait.

Refusons.

C'est la même violence que t'as sur...

Acceptons la différence.

Refusons.

Est-ce qu'il y a la même violence que t'as sur les manifestations aujourd'hui ?

Complètement.

Mais complètement.

Complètement.

Et enfin...

C'est un problème de société.

De toute façon, il faut pas...

Enfin, il faut pas se cacher.

Avant la Rêve, moi, au départ, je pensais que c'est...

On va tout changer, le monde, etc.

Tu vois ?

Il faut se valier.

Mais aujourd'hui, la musique techno, comme tout...

Truc culturel, art, artistique, tout ce que tu veux,

c'est le reflet d'une société.

Et on vit dans une société qui est pas très, très drôle.

On est tous d'accord.

On va pas finir sur un truc négatif.

Mais c'est la merde, mon frère.

Donc...

Dans la techno, c'est pareil, en fait.

C'est pareil.

Merci.

Et...

J'aime à croire qu'on est...

Quelques-uns à vouloir faire différemment.

Il y a des points d'extrême-droite aussi

qui arrivent sur la techno.

Nous, on lutte contre ça aussi dans nos clubs.

Oui, ils sont là.

Je vais être obligé de vous arrêter, messieurs.

C'est l'heure.

C'est l'heure.

Merci.

Applaudissements.

A propos de la conférence

Les années 90 marquent l’émergence d’un phénomène unique en France : la rave. Née dans les hangars, les parkings et les champignonières, cette culture festive et underground a transformé la techno en un mouvement social, artistique et politique. Entre liberté d’expression, mixité sociale et répression policière, les raves ont façonné une génération. Des pionniers comme Manu le Malin, Electric Rescue racontent cette époque où la musique électronique devenait un symbole de résistance et de rassemblement. Une plongée dans l’histoire d’une révolution culturelle qui continue d’inspirer aujourd’hui.

Pour cette rencontre exceptionnelle organisée en collaboration avec le projet pédagogique Académie Nashton, Manu le Malin et Electric Rescue partageront leur expérience de cette décennie fondatrice : ses lieux, ses sons, ses énergies et ses mutations à travers leurs souvenirs, leurs trajectoires et leur vision de cette époque effervescente. La rencontre est modérée par DJ Chuimix pour une plongée dans les coulisses de cette époque singulière : celle des premières grandes raves françaises, des circuits alternatifs, des réseaux de passionné·es qui ont bâti, sans internet ni réseaux sociaux, une communauté musicale et festive devenue historique. 

Les intervenants

Manu Le Malin, figure incontournable du hardcore français et ambassadeur d’un son brut et radical

Depuis plus de 30 ans, Manu Le Malin incarne à lui seul un pan de l’histoire de la techno. Artificier d’une musique sombre depuis l’émergence de la rave en France au début des années 90, il en est devenu l’une des figures les plus emblématiques et personnifie à lui seul le hardcore français. Réputé dans le monde entier, hissé au rang de légende par les autres porte-étendards de la culture techno et hardcore comme Jeff Mills, Lenny Dee ou The DJ Producer, il est un des plus importants représentants de la scène underground et règne chaque année sur les grands festivals comme en club, des rendez-vous les plus convoités comme Positive Education, Astropolis ou PRSPCT XL, aux plus confidentiels. Peu importe la scène, Manu assène, toujours avec la même fougue, des sets hardcore et techno puissants, ravageurs, furieux avec une technique impeccable dont lui seul a le secret. Personnage sans équivoque à l’intégrité inchangée depuis ses débuts, Manu le Malin est un activiste passionné et passionnant, une référence.

Electric Rescue, producteur techno prolifique et acteur de longue date de la scène électronique (musicalement réunis dans le duo W.LV.S)

En 2025, c’est trente cinq ans d’activisme passionné pour cette musique devenue essentielle. Electric Rescue est un pilier de la techno made in France et un artiste reconnu sur la scène internationale. Ses morceaux sont régulièrement joués par des maîtres techno comme Laurent Garnier, Len Faki, Ben klock, Dax J, Fjaak, Ellen Allien, Perc, marcel Dettmann, Sven Väth, Slam ou luke slater. Défenseur d’une techno sans concession et sans compromis, Electric Rescue s’est forgé une identité forte dans le paysage électronique. Ses productions ont été signées sur des labels comme Cocoon, Virgo, Arts, F Communications, Cod3QR, Soma, Sci + Tec, Boys noize et son propre label Skryptöm bien sûr…. Electric Rescue est aussi reconnu comme artiste live, DJ et directeur artistique. Dans tout son travail, Electric Rescue, activiste discret mais efficace, insuffle les valeurs de la rave. Valeurs qu’il a fait siennes (échange, équité, partage, fraternité, entraide, esprit de la fête, liberté, contre-culture) et qu’il défend depuis toujours, pas aveuglé par les lumières du DJ business.

DJ Chuimix, activiste de la scène lyonnaise et passionné d’histoire des cultures électroniques

Une bonne course à l'américaine et un passage par la zone rouge du Xyphos, vous voilà propulsés à bord d'un Concorde non identifié, pour un aller-retour Lyon-Bristol. DJ Chuimix, c'est avant tout un lit au milieu des disques, des armes forgées dans une "Rave-Cave" sans surveillance, et surtout des influences bien marquées, par un groupe anglais très connu signé chez Mute. Créateur du label Criminal Justice Act et DJ au sac toujours bien rempli. L’affection pour des rythmes techno sans péages, aux couleurs du second Summer Of Love expliquent son amour pour la culture d’outre-manche. Elle aiguise son sens à poser bass music et progressive house pour explorer un rooftop au petit matin. Les kicks d’un hardcore alternatif l’aident a clôturer son péché mignon, pour la scène free party forgée dans les premières spirales de la tribe. Le temps de prendre une envolée psychédélique dépessée de ses synthétiseurs pour garder le cap dans un tunnel sans issue. Vous l’avez compris, rien n'échappe à ce Bruce Wayne de la Cité des Étoiles pour distiller des mix décomplexés, qui perdront ses auditeurs dans son royaume de la fête.

Entre rave et réalité : les musiques électroniques à Lyon dans les années 90

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