Encore plus, partout, tout le temps
Une pièce qui aborde frontalement les sujets de l’effondrement de notre civilisation et des rapports femmes-hommes, avec humour et beaucoup d'autocritique !
Effondrement et charge mentale
Drôle, surprenant, déjanté, engagé : c’est un texte qui fait du bien. On démarre en compagnie de Bernard, beauf en slip kangourou évadé du ministère de la Culture et chauffeur de salle. On poursuit avec des petites scènes très diverses, burlesques ou réalistes, où l’on croise des angoissés du climat, des néo-ruraux écolo, des femmes en burn-out parental. Des thèmes hyper ancrés dans notre époque.
Le sujet de l’effondrement, qui prévaut au début du texte, glisse petit à petit vers celui des rapports femmes-hommes et de la charge mentale.
Coté décor et costumes, c’est du 100 % recyclé, annoncent les acteurs avec un mélange de fierté et d’auto-dérision !
Les dialogues sont enlevés, rythmés, parfois provocateurs, on rit beaucoup, jaune souvent.
Les autrices et auteurs
Le collectif L’Avantage du doute, créé en 2008, pratique l’écriture de plateau. Deux acteurs-auteurs et trois actrices-autrices, sans metteur en scène. Le collectif est associé à La Ferme du buisson - scène nationale à Noisiel dans l’est de Paris. Ils ont créé une dizaine de spectacles.
Extrait
Claire, calme, au public : Le rapport entre la terre et les femmes, c’est que les deux sont surexploitées. Pour que l’accumulation des richesses commence, il fallait que la nature, la main-d’œuvre et les femmes soient les plus rentables possible ! Et y’a quoi de plus rentable que du travail gratuit ? C’est pour ça que le travail domestique est devenu une « tâche », non rémunérée, bien cachée à l’intérieur du foyer pour que surtout on ne parle pas entre nous de cet esclavage qui tait son nom !
Mais ça, je ne le dis plus, je n’ai plus le temps de prendre part. Moi j’ai les yeux qui se ferment tous seuls et le judo à payer et le vide progresse en moi comme une battue de CRS.
J’aimais tellement mon travail. A quel moment les choses m’ont-elles échappées comme ça ? La douleur dans les os, le langage brisé à coups de pelle... La prochaine personne qui me dit qu’elle est fatiguée, je la bute.
Articles sur le sujet
-
Un qui veut traverser
Marc-Emmanuel Soriano- Recommandation
- Livre
- Théâtre
Un clandestin, un bateau, un passeur. Tout est en place pour que débute la tragédie.
-
Solitaire
Lars Norén- Recommandation
- Livre
- Théâtre
Dix personnages anonymes, debout, sont plongés dans le noir dans un espace exigu.
-
The Dark Master
Kurô Tanino- Recommandation
- Livre
- Théâtre
Une plongée dans la société japonaise : gastronomie nippone, société de l’hypersurveillance et de la corruption !